EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Petits arrangements entre amis – Edito 27/08/2015

Un déni c’est lorsque l’on ne considère pas une réalité objectivement, que l’on en occulte une partie pour servir son point de vue. La démocratie c’est le pouvoir appartenant au peuple et présidant à ses destinées en élisant ses représentants pour le diriger.

Un déni de démocratie, par déduction, ce serait donc travestir la vérité sur un état de fait pour confisquer ou détourner le pouvoir du peuple. C’est une accusation particulièrement grave de la part de Marcel Tuihani junior à l’encontre de Madame George Pau-Langevin, notre Ministre des Outre Mers. Celle-ci s’en serait donc rendue coupable en rappelant que l’état se tenait prêt à user de toutes ses prérogatives si les institutions polynésiennes devaient s’avérer bloquées. Jusque là vous m’excusez mais j’ai du mal à discerner où se situe le casus belli.

Faut il donc comprendre dans le propos du président de l’assemblée de Polynésie que l’usage de dispositions légales et constitutionnelles si elles s’avéraient nécessaires en situation de blocage des institutions, soit donc anti démocratique ? Un communiqué du Tahoera’a enfonce le clou en disant que la ministre aurait fait une « une immixtion intolérable dans la vie politique locale ».

En réagissant de cette manière on en travestirait presque les propos de la ministre. Elle a dit, je cite : « S’il devait effectivement y avoir blocage » fin de citation, SI, elle a dit SI. Allo ? Moi je suis plutôt rassuré en fait, c’est précisément pour ça qu’a été écrit l’article 157 du statut de la Polynésie de 2004 ! Et en y réfléchissant bien, en soit c’est même une « non déclaration. » On en attendrait pas moins du gouvernement central de ne pas nous laisser nous enliser dans une situation inextricable si on devait la connaître.

En fait voyez-vous ma capacité à m’offusquer se situe ailleurs. Là où on souhaite façonner des lois sur mesure pour échapper à la justice. Quand j’ai lu cet article chez Tahiti Infos, j’ai cru qu’ils faisaient une blague. Une proposition de délibération a été déposée hier par le même Marcel Tuihani, pour soumettre à l’avis des représentants le caractère d’utilité publique des dépenses engagées par la collectivité de 1996 à 2004 pour financer les emplois cabinets de la présidence. Cela servirait à effacer l’ardoise de Flosse and co et éviter qu’ils s’acquittent des millions de remboursement. Je cite Roméo, un internaute dont je partage totalement le point de vue «   Ils nous pissent dessus sans même essayer de nous faire croire qu’il pleut… » fin ce citation. C’est en effet totalement abjecte sur le principe. Quand on tente de détourner la capacité normative pour épargner des condamnés par la justice de la République, celle qui sert le peuple, ça Monsieur le Président de l’Assemblée de la Polynésie c’est un véritable déni de démocratie.

Vous m’excusez il faut que j’aille vomir, je n’ai pas les moyens de me permettre un déni de nausée.

Article précedent

Gaspillage alimentaire : où en est la grande distribution ?

Article suivant

Université d’été : quand le PS fait appel à des salariés roumains

2 Commentaires

  1. umara
    27 août 2015 à 11h51 — Répondre

    On a appris aussi de MT que le tahoeraa n’était pour rien dans l’instabilité, pas mème dans le débauchage de Noah Tetuanui en 2004 pour renverser la majorité.

  2. Mairehau
    28 août 2015 à 14h10 — Répondre

    Eh oui ! le sans foi ni loi de l’APF !
    Que voulez-vous ! C’est tout lui !
    C’est impressionnant, mais c’est bien la marque de fabrique des petits joueurs du vieux lion.
    Il nous faudrait une bonne thérapie de recul pour qu’enfin le peuple polynésien s’offusque d’avantage d’être bafoué dans ses droit de manière flagrante et provocante.
    Et en plus, on se demande, mais ou est leur capacité à avoir honte ! De suinter l’immoralité devant tout le monde !
    Il se croit au Monopoly, ou l’argent est factice et ou les contribuables n’ont pas sués pour payer et se faire des ulcères dans les affaires.

Laisser un commentaire

PARTAGER

Petits arrangements entre amis – Edito 27/08/2015