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Philippe Castel : pongiste et combattant de la maladie de Parkinson

Philippe Castel, championnat du monde de tennis de table Parkinson 2024

Diagnostiqué de la maladie de Parkinson il y a quatre ans, Philippe Castel s’est tourné vers le tennis de table pour contrer les effets de la maladie. Un choix qui peut paraître incongru, mais aujourd’hui, il s’apprête à représenter la team Tahiti Ping Parkinson au Championnat du monde, qui se tiendra fin novembre en Suède, dans le cadre du festival mondial de tennis de table pour la santé. Enseignant en arts appliqués et récemment médaillé de bronze aux championnats de Tahiti, il mène « une double compétition » : celle du haut niveau sportif et celle contre la dégénérescence. Pour lui, « 50 % du traitement, c’est l’activité sportive ».

Passionné de tennis de table depuis un peu plus de trois ans, Philippe Castel s’apprête à représenter Tahiti au championnat du monde de tennis de table Parkinson, qui se tiendra du 26 au 30 novembre à Helsingborg, en Suède, dans le cadre du Festival mondial du tennis de table pour la santé. Ce rendez-vous international avait réuni l’an dernier 153 participants venus de 25 pays.

Une discipline « qui développe les réflexes, la coordination »

« 50 % du traitement, en dehors des médicaments et des soins médicaux, c’est l’activité sportive », explique Philippe Castel, enseignant en arts appliqués, diagnostiqué de la maladie de Parkinson depuis près de quatre ans. Après avoir vu un documentaire sur les bienfaits neurologiques du ping-pong, le sexagénaire s’est découvert une passion pour le sport. Récemment médaillé de bronze en double vétérans au championnat de Tahiti, le pongiste vise cette fois le podium, pour sa troisième participation au championnat du monde de tennis de table Parkinson. Depuis « juillet, on a commencé à faire des séances spécifiques », indique l’athlète.

Si le compétiteur apprécie tant cette discipline, c’est parce qu’elle « développe les réflexes, la coordination, c’est un sport de stratégie aussi, donc ça fait penser un petit peu à son jeu, et puis l’équilibre, précise le sportif. En fait, ce dont on souffre avec la maladie de Parkinson, c’est la motricité, c’est-à-dire on perd les mouvements qui se font spontanément, comme mettre un pied devant l’autre. Il y a des moments de la journée où je suis obligé d’y penser. Et ça touche l’équilibre parce qu’on a de la raideur qui s’installe. D’un autre côté, on se déplace sur une aire qui n’est pas très grande, donc pour des gens qui ont un problème de mobilité, ça permet de maîtriser quand même l’espace de jeu ».

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« Une double compétition »

En plus du championnat, devoir composer avec les aléas liés à sa pathologie est une deuxième « compétition ». À l’instar de « l’Irlande, on dit qu’ils ont quatre saisons dans la journée, ben moi je peux avoir quatre âges dans la même journée, explique Philippe Castel. Je peux me lever et avoir quatre ans à dix ans, c’est-à-dire traîner les pieds. Je peux me mettre un pied devant l’autre. Après, mon traitement fait que je vais retrouver ma jeunesse. Donc, on va anticiper le fait que pendant un match, je peux avoir un moment de blocage, un petit moment de crise. Du coup, il y a des règles adaptées, on peut avoir des pauses médicales, etc. Mais il faut qu’on se prépare aussi à ces situations où il y a des moments où on est réduit en mobilité ».

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Pour financer ce projet, l’enseignant a allié ses deux passions : « J’ai réalisé des dessins sur le thème du tennis de table puisque je suis professeur d’arts appliqués. Ils ont financé une partie de notre projet et à côté j’ai lancé une cagnotte ». Accompagnés par son coach André Becquet, les deux membres de la team Tahiti Ping Parkinson prévoient un budget total allant entre 700 000 et 800 000 francs. « Il faut vraiment des conditions d’hébergement minimum parce qu’on arrive avec le décalage horaire et avec des soucis de santé », rappelle le sportif.

Une occasion de participer à la recherche sur la maladie

Au-delà du sport, le sexagénaire précise que ce championnat est une opportunité « de rencontrer du monde, de discuter de ma maladie, mais aussi de participer à la recherche, car ils récoltent des données pendant le championnat ». Lors de cet évènement, chaque année, « il y a vraiment un congrès et des conférences qui sont orientées là-dessus, indique le professeur. En fait, il y a vraiment un deuxième événement en même temps, donc c’est un festival du tennis de table pour la santé », qui fait concourir non seulement des malades de Parkinson mais aussi des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Ce volet social est tout aussi important que le sport et le médical, précise le compétiteur. « Si vous avez des bons soignants, des bons médecins, mais à côté, il n’y a pas un bon entourage familial, un bon entourage social, ça peut moins bien marcher ». Une démarche qui l’a même poussé à se rapprocher de l’association Alzheimer locale, dans l’idée de partager les expériences et de construire des projets communs entre patients de maladies dégénératives.

Les ambitions du sportif ne s’arrêtent pas à ce championnat, il est déjà en pleines démarches pour rejoindre la fédération ITTF (International Tennis Table Federation) Oceania de Handisport.