EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Politique au Fenua : copains coquins – Edito 03/06/2020

Certains semblent aimer s’en prendre plein la figure en osant l’ouvrir sur tous les sujets sans s’autocensurer de peur de déplaire aux puissants. Il n’y en a pas des masses vous en conviendrez car trop nombreux sont ceux qui ont tendance à oublier que les puissants d’un jour, ne le seront pas nécessairement toujours. Et en attendant on aura été droit dans ses bottes en incarnant ce petit poil à gratter qui est un ferment fondamental de la bonne marche d’une démocratie. Celui qui permet de susciter le débat et de participer au développement d’un libre arbitre dans l’opinion publique.

Malheureusement nous vivons dans un pays où les égos ont été élevés à la vieille école. Pour espérer décrocher des postes à responsabilités pourtant mérités il faut passer en parallèle une licence es fayotage.

Quand ça a le plus de sens pour eux normalement, où c’est le plus précieux, les moments charnières où ils construisent leur nouvelle posture, et que vous abondez dans leur sens en toute objectivité, bien mal vous en prendra d’oser formuler ensuite une critique argumentée pour le bien commun, et le leur aussi d’ailleurs, car ce n’est que ça qu’ils retiendront. Voyez-vous cette fameuse vieille école c’est celle où l’on se complait encore à former des petits chefs plénipotentiaires à qui l’on a appris à ériger au rang de vertu le fait de passer maître dans l’art d’asseoir comme fondamentaux le népotisme, le copinage et la courtisanerie au détriment du mérite et des compétences.

Il y a plusieurs exemples y compris tout récemment où certains avaient bien tenté de s’affranchir de cet état de fait, de s’émanciper. Mais la machine était tellement rodée, que las d’une bataille qu’ils n’ont même pas essayé de mener à son terme estimant qu’elle aurait duré trop longtemps, pactiser avec les tauliers du système éprouvé c’était jouer la facilité. La morale en politique ? S’il vous plait, un peu de sérieux, l’impatience autorise à la ranger dans un tiroir. Force est de constater qu’au demeurant la clé de ce dernier est ensuite très souvent perdue.

L’actuelle bipolarisation fadasse de la vie politique polynésienne repose donc sur un modèle vieillissant et je ne suis pas convaincu que le fameux « monde d’après » dans lequel nous sommes, ou presque, s’en accommode encore longtemps. Quelque chose me dit qu’une troisième voix qui saura parler vrai, et qui jamais n’aura courbé l’échine face au pouvoir en place, a un boulevard qui s’offre à elle pour peu qu’elle ait le courage de se faire entendre, et qu’elle ait conscience comme le dit ce proverbe persan que «  La patience est un arbre dont la racine est amère, et dont les fruits sont très doux ». Alors ayons foi en ce futur festin.

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