EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Politique au Fenua : le calme avant la tempête ? – Edito 09/11/2017

Depuis que je tiens cette chronique je ne compte plus les fois où il m’a été donné de critiquer ouvertement les dérives en politique. Entre les luttes d’influences, les alliances contre nature, les courses aux sucettes, les aspirations de petits potentats locaux à l’ego démesuré, les conflits d’intérêts ou encore les fâcheries de toutes sortes, il y a toujours du grain à moudre.

Pourtant depuis quelques temps on a l’impression de vivre une accalmie par rapport à un vacarme qui a pu semer en cours de route tous ceux à qui il restait une once de foi, ou d’espoir, envers la politique dans notre pays. En attendant notre gouvernement est au boulot, et même si on peut ressentir parfois une certaine forme d’impatience à voir clairement les grands effets vertueux de son action s’illustrer dans notre quotidien, certains sont pourtant là. L’économie redémarre, Hao se concrétise, des groupes étrangers investissent dans nos hôtels, les dépenses publiques se rationalisent, on repense des projets à taille humaine, de nouvelles compagnies aériennes s’intéressent à nous, Papeete est en chantier, etc. Si les lendemains qui chantent sont visés, on a en tout cas cessé de chanter faux, et on commence à chantonner dirons-nous. Donc avec ce climat apaisé est-on rentré dans un état de grâce qui a le potentiel de perdurer ? A l’heure où des figures marquantes du monde politique décident, avec sagesse, de prendre leur retraite et où de jeunes outsiders ont l’ambition d’incarner un renouveau, on est en droit de se le demander. Mais … et je sais que vous l’attendiez ce « mais », je n’y crois pas du tout.

Bienvenue dans le calme avant la tempête. L’idée n’est pas là d’enfoncer des portes ouvertes tant on s’attend à ce que les futures élections territoriales déchaînent les passions avec pluie de coups tordus à la clé. Il est simplement question ici, et désolé de casser l’ambiance, de rappeler qu’il ne faut pas crier victoire trop vite en se mettant à vouloir imiter les célèbres singes de la sagesse, qui ne voient, n’entendent et ne disent rien. Il faut rester vigilant, à tout moment et garder notre cerveau en ébullition.

Ainsi est-il bon déjà de commencer à se poser des questions. Peut-on faire du neuf avec du vieux ? A-t-on besoin de neuf si ça marche et ça repart ? A vouloir céder aux sirènes du jeunisme la prise de risque est-elle raisonnable ? Est-ce dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ? Avez-vous envie d’un rassembleur qui a la niaque, ou plutôt d’une figure apaisée dans l’esprit Metua expérimenté ? Cette accalmie mettons là au profit du débat citoyen et lançons le aujourd’hui par exemple dans les commentaires de cet édito publié sur internet. Proposez vos candidats, expliquez pourquoi. Dîtes ce que vous voulez pour votre Pays ; ce que vous ne voulez plus. Mais ne prenons pas le risque d’être piégés car nous aurions été trop fiu pour cogiter. Ces prochaines années il y a mieux à faire que de les passer à se victimiser.

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1 Commentaire

  1. Pierre André
    10 novembre 2017 à 16h31 — Répondre

    Je propose le Diable. Ici, à Tahiti, ça devient l’Enfer…

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