EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Politique ? Presse ? Facebook aura le dernier mot – Edito 15/01/2020

Ce lundi le Président Fritch organisait la traditionnelle cérémonie des vœux à la presse. Comme l’an dernier il est revenu sur les dangers d’internet et des réseaux sociaux en particulier pour ce qu’il s’agit des fake news notamment, de leur prolifération, mais aussi de la place qu’occupent les commentaires mensongers, injurieux ou haineux.

Il est certain que le monde a changé, nous avons perdu en sérénité, nous ne sommes plus préservés d’un étalage de fiel permanent, partout, tout le temps. L’hyper connectivité nous a lié sans qu’on ne le demande, ou même qu’on ne le voit venir, aux plus bas instincts de l’humain dont nous étions préservés si nous le voulions avec la vie, entre guillemets « normale », que nous avions il y a encore quelques années. Aujourd’hui, où que l’on porte le regard sur un écran interactif, nous ne sommes plus jamais à l’abri d’être pollué par la noirceur de l’âme de certains. Fatalement cela influe sur qui est on est, sur comment on voit le monde, sur l’opinion que nous nous faisons de nos congénères. Ainsi nous formatons notre société moderne sur la base de nouveaux piliers fondamentaux plutôt malsains que sont la défiance et la méfiance tous azimuts.

Il m’a déjà été donné l’occasion ici d’en appeler au durcissement des réglementations pour un meilleur contrôle des réseaux sociaux, où trop de liberté finit manifestement par achever l’esprit de ce que doit être une démocratie bienveillante. Il était question aussi que des géants comme Facebook prennent enfin conscience de leur responsabilité dans la marche de notre monde en déployant tous les moyens afin d’assainir les choses. Certains vœux, y compris en ce début d’année, risquent de rester pieux.

Ainsi, si localement notre Président lui-même souhaite une utilisation responsable du réseau co-inventé par Mark Zuckerberg on assiste pourtant à une opportune et souvent pugnace utilisation de ce dernier par les fidèles de son propre parti à l’aube de nouvelles élections. Soyons francs, c’est la même chose chez les autres aussi. S’il était question d’empêcher Facebook de devenir une interface d’ingérence dans la vie politique tant les publicités liées pouvaient changer la donne en raison d’un impact ciblé bien plus efficace que sur n’importe quel autre support, on va devoir apprendre à vivre encore avec.

Car la nouvelle est tombée, Facebook a finalement pris une décision cette semaine, celle de ne toucher à rien y compris en n’interdisant pas les publicités politiques clairement mensongères. Du coup, je ne suis pas certain voyez-vous que le réel danger pour nous vienne de journalistes qui pêchent certes parfois par approximation lorsqu’ils doivent faire vite pour faire face à une concurrence accrue sur leurs contenus, ou s’il s’agira pluôt d’exercer avec encore plus de vigilance notre esprit critique et notre libre arbitre sur les étalages de promesses ou autres professions de foi qui même sous nos latitudes continueront d’avoir pignon sur … autoroute de l’information.

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