EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Pour de ne pas oublier l’Histoire – Edito 11/09/2020

Peu de chance que vous soyez passé à côté si dernièrement vous avez circulé à Papeete, l’avenue Pouvanaa a Oopa est jalonnée de portraits d’anciens soldats polynésiens partis combattre pour la France lors de la 2nde Guerre Mondiale. On les appelle les Tamari’i volontaires, ces enfants du Fenua qui se sont engagés de leur propre chef pour défendre les couleurs du drapeau national en intégrant la résistance portée par De Gaulle. Tellement cloués de la capitulation de la France et sous l’impulsion du Général, les français d’outre-mer ont ressenti le devoir de ne pas rester de simples spectateurs lointains du drame national qui se jouait alors.

Un micro-trottoir diffusé à la télé locale hier après-midi a permis de se rendre compte en quelques instants à quel point la jeune génération semblait pour beaucoup étrangère aux raisons justifiant que ces portraits soient hissés en pleine ville. Si ce n’est pas dramatique en soi, on est en droit d’être inquiet surtout quand on se souvient de cette étude sortie l’an dernier et qui révélait qu’un quart des jeunes français ignoraient ce qu’était la Shoah, l’extermination des juifs par l’Allemagne nazie qui a fait entre 5 et 6 millions de victimes.

Quelle que soient les origines ethniques et sociales de ceux qui composent la jeunesse de notre époque, personne ne peut se satisfaire que son quart soit étranger à l’une des époques les plus sombre et révoltante de l’histoire de l’humanité. S’il est évidemment absolument primordial de maîtriser la connaissance sur ses racines qui forgent une identité, qui permettent de se situer par rapport au reste du monde, celle-ci ne peut se faire au détriment de la connaissance des étapes lugubres mais fondamentales de l’évolution de l’espèce dans son ensemble.

Lorsque l’on déplore que l’histoire serait un éternel recommencement, l’une des causes n’est peut-être pas si difficile que cela à trouver. En effet, quand on oublie ou qu’on ne sait pas, on n’apprend pas de l’expérience des autres, et on entreprend des actes qui conduisent inexorablement à renouveler les mêmes erreurs.

Je ne veux jeter la pierre à personne cependant je me souviens de mes propres cours d’histoire et si je n’étais pas tombé en 1ère et Terminale sur des professeurs passionnants qui enseignaient leur matière avec un twist bien à eux, j’aurais trouvé ça totalement barbant. Aussi je suis convaincu que pour remédier à l’oubli chronique et au désintérêt des jeunes générations il paraît opportun pour susciter leur intérêt, leur curiosité, d’envisager d’autres pistes d’enseignement, en priorité dans la forme. D’autres manières de conter les faits. Pour moi un visionnage suivi d’explications de « Il faut sauver le soldat Ryan » est susceptible d’avoir plus de poids qu’une dizaine d’heures à narrer par le menu le débarquement en Normandie.

Ce 11 septembre est une date clé dans l’inconscient collectif, pour combien de temps encore ?

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