EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Pour être écolo faut-il être un crado ? – Edito 08/12/2020

Aujourd’hui c’est la journée mondiale du climat. Au passage vous noterez à quel point la pandémie de Coronavirus a contribué à ce que le sujet du réchauffement climatique soit en 2020 lui aussi remisé au placard. Il y a toutefois des irréductibles qui vent-debout continuent quel que soit le contexte à sensibiliser partout où c’est possible les éco-citoyens que nous ne sommes pas, du moins pas encore. Le but est encore et toujours que tous ensemble nous continuions à diminuer notre empreinte carbone. Pour ceux qui ne seraient pas encore familiers avec le concept on parle ici de tout ce que nous faisons, consommons, jetons, qui a conduit ou conduira à rejeter des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Le plus simple pour le commun des mortels dont vous et moi faisons partie c’est de commencer par réduire la quantité de choses que nous jetons à la poubelle. Soit. Je trouve ça très bien que des campagnes sur le « zéro déchet » existent, ce que j’aime moins c’est quand on atteint les limites du grotesque pour se donner bonne conscience, ou que l’on donne des haut-le-cœur aux non-initiés tellement certaines pratiques sont rebutantes. Je suis absolument désolé de vous mettre de telles images mentales en tête de bon matin mais en même temps si je ne le fais pas vous ne saisirez pas mon propos. Donc on est en 2020, hier je vous disais qu’on déployait des trésors de technologie pour aller récupérer des cailloux sur la Lune et au-delà, et à côté de ça on nous dit qu’on n’a pas trouvé de meilleures alternatives pour les protections menstruelles jetables que des coupes internes en plastique utilisables pendant des années à vider et laver soi-même ? Que dire de la « logistique » qu’implique d’utiliser à l’ancienne des langes au lieu des couches pour bébé ? Avec la meilleure volonté du monde, faut quand même pas pousser, ça ne sent pas le progrès …

Je le répète je loue toutes les initiatives qui visent à nous faire prendre conscience de tous ces petits gestes que nous pourrions faire pour mettre notre pierre à l’édifice d’une Terre plus Green. Toutefois, et je m’en excuse, je fais partie de ceux qui sont absolument convaincus que ça ne sert pas à grand-chose si ce n’est à se donner bonne conscience. Ensuite, quand en pleine épidémie comme celle que nous vivons nous voyons fleurir dans les commerces des pancartes annonçant que pour éviter des risques de propagation, les contenants personnels ne sont plus acceptés dans les rayons boucherie et fromagerie par exemple, ça démontre certaines limites du système.

Au final tout ceci participe à culpabiliser celui qui produit encore des ordures alors que tout en haut l’industrie agroalimentaire et les autres, renâclent à remettre en question les bonnes vieilles recettes qui fonctionnent. Alors qu’on aille leur mettre d’abord davantage de pression à ceux-là, car c’est eux et tous ceux qui ont le pouvoir et qui laissent faire qui méritent d’avoir le nez dans le caca …

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2 Commentaires

  1. Lenka
    9 décembre 2020 à 0h35 — Répondre

    Cher Monsieur Taliercio,
    je n’ai pas pour habitude de commenter à tout va les interventions d’éditorialistes. Après tout, il me suffit de changer de station si les propos me froissent intellectuellement.
    Mais aujourd’hui le froissement dépasse un simple désaccord sur quelques détails. Pire, si je n’étais pas assise vissée à mon volant, je crois bien qu’il eu fallu me réceptionner par terre.
    Quoi, me demanderez-vous, de plus normal pour un édito « sans langue de bois » ? On y va franco et tant pis pour les vierges effarouchées. Il faut bien réveiller les consciences !
    Soit, je ne vais pas polémiquer sur votre conception de franc parler. Mais de là à revenir à des propos dignes du 19e siècle tout en se réclamant du progrès, la ligne de ma tolérance a été clairement franchie. Sans doute si je vous entendais dans une discussion de comptoir, me serais-je juste éloignée tout en soufflant d’indignation. Mais voyez-vous, vous tenez vos propos sur une radio à des heures de grande écoute et 3 fois par jour. L’impact n’est donc pas le même. Ma réaction non plus.
    Allons donc, vous trépignez certainement d’impatience, quel est ce sujet d’indignation ? Encore une ayatollah-amish de déchets-donneuse de leçons ? Il se trouve que j’aurais de nombreuses remarques à ces propos également. Heureusement de nombreux acteurs pleins d’initiatives sur le territoire sauront vous dédire sans grande difficulté.
    Non, ce qui me laisse complètement pantoise, et pourtant plusieurs heures se sont déjà écoulées, rien n’y fait, ça ne passe pas, c’est l’exemple que vous choisissez pour illustrer, je cite « les limites du grotesque ». Je veux parler de la menstruation. Bon la mention des couches lavables, pardon des langes, prouve que vous n’avez jamais vu une couche lavable de votre vie et jamais eu de difficultés financières pour vous procurer des changes pour votre enfant. Mais bon, je vais pas non plus écrire un roman sur démontrer l’absurdité de la totalité de vos propos.
    Restons-en à la menstruation.
    Ainsi pour frapper les esprits, vous n’avez, semble-t-il, trouvé rien de plus rebutant et donnant le « haut-le-cœur » que les règles féminines ? En 2020, on en est donc encore à donner en exemple « crado » le cycle des femmes ? Je vous félicite, vous incarnez là le progrès à peu près au même niveau que la burqa.
    Et pour continuer à bien étaler la « déguelasserie » vous vous sentez qualifié pour vous exprimer sur l’utilisation de la cup menstruelle. Éclairez-moi donc, combien de fois vous êtes-vous retrouvé en situation d’utiliser cette horrible cup menstruelle ? Sauf grossière erreur de ma part et des informations que wikipédia n’a pas su me communiquer à votre sujet, je suis en mesure de répondre moi-même à cette question. Jamais. Vous traitez en public de dégoûtante une pratique qui ne vous concerne pas, que vous n’avez jamais eu à expérimenter et que vous n’expérimenterez jamais. Passons encore les opinions arriérées que vous continuez à perpétuer concernant la menstruation. La vraie question s’imposant à un journaliste connaissant sa déontologie étant : Avant d’utiliser votre illustration que, j’en suis sûre, vous aviez trouvée bien immonde pour appuyer votre propos racoleur, vous êtes vous documenté ne serait-ce que 2 secondes sur les protections hygiéniques ? Ne pouvant croire à la malveillance, plutôt à une facilité machiste doublée d’humour « relou », je vous apporte quelques précisions qui devraient vous permettre, je l’espère très fortement, réviser votre position.
    En effet, diverses études se sont penchées ses dernières années sur la question. Eh oui, les femmes sont sorties des maisons, y compris pendant leur règles. Mais, chut, je ne vous ai rien dit. Je ne voudrais pas vous effrayer.
    Alors tout d’abord la question du déchet, même si à en juger votre édito, vous vous en fichez éperdument. Enfin ce n’est pas tout à fait ça. Si je vous résume : « Le déchet ce n’est pas bien, mais bon c’est pas moi qui vais y changer quelque chose. Ce sont les autres : les industriels ou les martiens. On ne sait pas très bien. Dans tous les cas, je ne change rien à mon comportement, c’est quand même à ces autres qu’on ne sait pas qui c’est de commencer. » Bref, je traite des déchets quand même : environ 150kg tout au long de la vie d’une femme. Pas grand-chose me direz-vous sans doute. Je ne suis pas d’accord et surtout ces 150 kg peuvent ne pas exister du tout.
    Continuons. Les autorités publiques de santé, donc pas des hurluberlus gaucho-bobo-écolo tendance cabane dans les bois, ont révélé la présence dans les protections hygiéniques de produits chimiques perturbateurs endocriniens et de pesticides (oui, oui je la vois venir la blague vaseuse sur le gazon…). Les serviettes conventionnelles sont de surcroît fabriquées en partie en plastique (contrairement à la cup). Ce qui revient donc à faire macérer nos parties les plus intimes 4 à 8 jours par mois dans du plastique imbibé de perturbateurs endocriniens et de pesticides. Mais bon, tant que ça sent bon, n’est-ce-pas ?
    Et je termine par le clou du spectacle : le prix. Parce que oui, ces protections essentielles pour l’hygiène et la dignité de la femme ont un certain coût et plutôt un coût certain. Les estimations très rapidement accessibles en ligne vont de 450000 XPf à 2700000 XPf tout au long de la vie d’une femme. La fourchette est importante et la réalité se situe certainement quelque part au milieu. En tout cas il y a là de quoi se payer de bonnes vacances. À côté de ça le coût d’une cup menstruelle est d’environ 3000 XPf et dure plusieurs années. À noter qu’aucune dépense comparable n’est à prévoir pour les hommes.
    À votre avis, quelle est la part de femmes au Fenua qui ne peuvent pas se permettre d’acheter d’onéreux produits et à qui une cup bien entretenue permettrait d’accéder à un confort menstruel plus qu’optimal ? Et ne vous déplaise, j’appelle ça le progrès.

    Cordialement

    une crado

    PS : la révision publique de vos propos ne nuit pas à l’honnêteté intellectuelle.

    • 9 décembre 2020 à 7h13 — Répondre

      Essayez de faire plus court la prochaine fois svp. Et je confirme n’avoir rien à réviser dans mes propos que j’assume totalement. Merci pour votre écoute.

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