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Pour éviter de saigner des yeux à cause de l’orthographe des autres – Edito Replay 20/02/2020

Au quotidien il m’est donné de saisir l’importance que peut revêtir la manière dont on décide d’agencer les mots. Il n’est pas toujours aisé d’en faire une mélodie appréciée de tous, si tant est que ce soit le but recherché, mais leur maniement permet manifestement de jouer avec leur poids. Je ne vous cache pas que parfois il faut pouvoir l’assumer tant ils ont tendance à pouvoir vous vouter le dos. Mais passons …

On pourrait s’imaginer que la bonne pratique de la langue française, et notamment un maniement respectueux de son orthographe, est devenue désuet. A l’heure où le « parler sms » s’érigerait presque en modèle, les derniers irréductibles ont tendance à avoir envie de baisser les bras. J’ai déjà eu l’occasion ici de vous parler de mes yeux qui piquent lorsque on se penche juste un instant sur la manière dont les plus jeunes écrivent dans des statuts publics sur les réseaux sociaux.   Mais en fait suite à de nombreux témoignages spontanés de jeunes gens qui, de gré ou de force, m’écoutent tous les matins dans la voiture avec leurs parents, une tendance se fait jour. J’en suis très agréablement surpris. Ils perçoivent à quel point la musique des mots a le potentiel de mieux sonner par rapport à l’usage qu’ils en font. De ce constat nait ainsi à la fois une saine curiosité et une envie de pouvoir eux aussi composer de la sorte. Malgré tous leurs gadgets électroniques, leurs occupations de « djeunes », et autres futilités de l’adolescence, ils parviennent à saisir l’intérêt de mieux comprendre, de mieux parler, de mieux écrire.

Ils ont tous la même question : « comment on fait » ? Il n’y a pas de secrets les amis, selon l’expression consacrée si c’est en forgeant que l’on devient forgeron, alors c’est en se plongeant dans les mots que l’on peut nourrir l’ambition de les dompter … N’avoir de rapport avec la lecture qu’en fonction des ouvrages que l’on vous oblige à lire dans le cadre de vos cours, évidemment que c’est rébarbatif et pas très engageant. C’est pour cela que mon conseil, c’est d’opter pour la lecture « plaisir ». Posez-vous un moment. Réfléchissez à ce que vous aimez, à ce que sont vos passions. Retrouvez en vous cette lueur de curiosité qui doit vous animer au quotidien pour vous construire en tant que futur homme ou femme. C’est normal de se poser des questions, c’est normal de vouloir comprendre, mais c’est anormal de ne pas chercher les réponses et rester dans l’ignorance. On dit que le savoir a le potentiel d’être une arme redoutable pour celui qui le maîtrise. Mais au lieu de penser d’abord à cette image ayez plutôt en tête le fabuleux héritage qu’il représente. C’est un patrimoine que vous pourrez faire fructifier en le partageant et en devenant peut être un jour vous aussi un artisan de son étoffement.

Alors que vous commenciez par des BD, des mangas, des magazines, accordez ensuite le droit à votre imagination de se laisser porter par des petits romans sympas, même si ce n’est pas hautement intello. Ainsi votre amour pour les mots ira à vau-l’eau. Et avant que vous ne vous en rendiez compte vous contribuerez vous aussi à la rendre belle cette mélodie.

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2 Commentaires

  1. Stein
    20 février 2020 à 18h49 — Répondre

    Bonjour, j’aime beaucoup tes chroniques, même si je ne partage pas toujours tes analyses. Je suis aussi un amoureux des mots, devrais-je dire des beaux mots, et je me posais cette question :
    Dans ta chronique, à la fin tu dis  » Ainsi votre amour pour les mots ira à vau-l’eau » il me semble qu’aller à vau-l’eau signifie plutôt « aller à sa perte ou péricliter » mais si j’ai bien compris la conclusion tu encourages à rechercher la lecture qui permettrait de progresser et de retrouver un beau langage ? n’aurait-il pas, peut-être, fallu dire « Ainsi votre amour pour les mots prospérera, ou s’améliorera » ? ceci étant je trouve que tes chroniques sont très intéressantes et souvent « frappées au coin du bon sens » pour utiliser une autre belle expression. bonne continuation.

  2. Jacques Precy
    21 février 2020 à 8h11 — Répondre

    Joli morceau de prose et analyse bien vue. Bravo pour l’orthographe correcte, c’est si rare de nos jours que cela mérite d’être salué. Un petit détail toutefois, l’expression “aller à vau-l’eau” ne semble pas être utilisée à bon escient, elle est apparemment confondue avec une autre. Elle signifie en effet “être en déroute”, “courir à la faillite, à sa perte”. Belle journée !

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