EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Pour ou contre la carrière politique à vie ? – Edito 21/05/2021

Hier matin le groupe A Here ia Porinetia principalement incarné par la Députée Nicole Sanquer, et Nuihau Laurey, l’ancien bras droit au gouvernement d’Edouard Fritch, tenait donc une conférence de presse. S’il a été question pour l’ex-Vice-Président de critiquer la relation d’infantilisation qui existe entre l’Etat et le Territoire, il a aussi insisté sur la société à deux vitesses au niveau de nos libertés dans laquelle il estime que nous sombrons. En effet, en raison des différences de traitement entre les populations vaccinées et celles qui ne le sont pas des questions de fond se posent. On est en droit de regretter que Monsieur Laurey soit resté dans une optique de constat et d’inquiétude sans pour autant avancer des propositions alternatives de modèles de société, c’était pourtant l’occasion.

Ce qui était dénoncé ne manquait pas de pertinence notamment en ce qui concerne l’ampleur de la masse salariale de l’administration locale et l’impérieuse nécessité de faire des économies d’échelle jusque dans le nombre de représentants à l’Assemblée. On fera donc nous-même les recoupements pour suivre la logique, le new deal pour la Polynésie de demain c’est se lancer notamment dans une version piquée au Tiare d’un dégraissage de Mammouth. En outre la question de la limite du nombre de mandats a été abordée. Celle-ci existant déjà pour le poste de Président du Pays, pourquoi ne pas faire pareil pour tous les autres types de mandats ? L’enjeu est d’empêcher que des carrières entières se fassent en politique, et que les jeux de pouvoir et d’influence, et les travers qui les accompagnent, soient rationalisés.

Je trouve ce dernier point éminemment intéressant. En filigrane on lit donc que pour en arriver à de tels objectifs ces Représentants à l’Assemblée ont, par la force de leur expérience, constaté que ce milieu était bien verrouillé de l’intérieur. Et je rajouterai même que, de mon point de vue, notre système est en fait une fabrique institutionnalisée à potentats locaux où les trafics d’influence, le copinage ou le népotisme font perdre un temps fou à notre Pays. C’est malheureusement bien une régression démocratique qui se cache en réalité derrière les plébiscites électoraux. C’est la possibilité d’émergence d’une nouvelle classe politique qui reste à la porte pendant que ceux qui tirent les ficelles travestissent les atours du suffrage et maintiennent la serrure à double tour.

Si un jour l’on permet en effet de limiter le nombre de mandats qu’un élu est susceptible de remplir, l’on se donnera alors enfin une chance d’écrémer, et de ne voir que les plus sincères faire campagne pour le bien de la communauté. C’est beau de rêver, je sais, car ici ce qui risque plutôt de se passer, c’est qu’au lieu d’attendre un peu, pour faire bien, d’entrée de jeu on se mette à magouiller.

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