EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Pour sauver la biodiversité, ils veulent tout congeler sur la Lune – Edito 17/03/2021

L’annonce a été faite très officiellement sur la chaîne d’info en continu américaine CNN hier, une équipe d’ingénieurs affiliés à l’Université d’Arizona propose d’enfouir sous la surface de la Lune, à l’abri d’un réseau de tunnels et de cavités, les spécimens cryogénisés de 6,7 millions d’espèces animales et végétales terrestres afin d’anticiper un potentiel, mais fort probable, effondrement de notre biodiversité. Ceux qui me connaissent bien et autres fidèles auditeurs de ce billet, savent à quel point ce genre de thème ne pouvait pas me laisser de marbre.

En effet au-delà de l’effet « woow » accompagné de son effondrement spontané du menton face à la nouvelle d’une telle ambition scientifique par rapport à ce qu’elle impliquerait, la raison l’a cependant très vite emporté. Car si les premiers pas de l’homme sur notre satellite naturel remontent à 1969, il aura quand même fallu près de 50 années supplémentaires pour que des nations finissent par envisager d’y établir des avant-postes qui seraient occupés en permanence par des représentants de notre espèce à nous. Les Russes et les Chinois se sont entendus entre eux, et on apprenait justement en fin de week-end que leur base pourrait donc coexister sur cet astre en même temps que la version américaine, ou l’européenne qui elle est envisagée pour l’horizon 2030. Sauf que c’est la démonstration que l’humanité a été incapable au fil de toutes ces décennies de se fédérer d’une même voix pour un projet lié à l’exploitation du potentiel lunaire dans sa vision la plus basique. Juste y être présent sur la durée.

C’est ce qui me fait dire qu’envisager de déménager 50 spécimens pour chacune des 6,7 millions de formes de vies animales et végétales qu’on voudrait y préserver, c’est un doux rêve. Il faudrait au bas mot 250 expéditions en fusée pour y déposer tout le matériel à préserver, sans compter les moyens colossaux à déployer pour emménager les cavités naturelles qu’on voudrait occuper. Et puis le concept de la cryogénisation sur le papier il est très bien, sur le papier … En dehors de quelques formes de vie, comme certaines rares variétés d’amphibiens ou de poissons qui parviennent à reprendre vie comme si de rien été une fois décongelés, la technologie ne permet pas aujourd’hui d’envisager de figer par le froid extrême la vaste majorité des organismes vivants sans leur causer des dégâts irréversibles douchant ainsi tout espoir de les ramener à la vie au moment qui paraitrait le plus opportun dans le futur. En cela les banques de préservation de l’ADN qui existent déjà à travers le monde sont bien plus rationnelles dans leur approche. Les auteurs du projet veulent croire en des avancées scientifiques prochaines sur cette problématique de la préservation par le froid, mais on n’y est pas encore …

On notera quand même un luxe absolu que ces très sérieux chercheurs ont encore toute latitude de prendre, y compris par les temps qui courent, celui d’être … dans la Lune.

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