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Pourquoi Fritch réforme les retraites avant les élections

© Cédric Valax

Edouard Fritch va donc bien lancer la réforme des retraites à la veille des élections territoriales. La décision en a surpris plus d’un, à commencer par les partenaires sociaux. Mais selon le gouvernement, la réforme n’a pas été dictée par le « risque politique », mais par l’urgence de ne pas voir tomber les régimes de retraite dans « l’insolvabilité ».

Le conseil des ministres a transmis mercredi son projet de réforme des retraites au CESC. La décision d’entamer cette réforme à quelques mois des territoriales peut surprendre. Les partenaires sociaux assuraient encore il y a quelques mois qu’il faudrait vraisemblablement attendre mi-2018 pour voir le gouvernement mettre en place sa réforme. Mais au ministère de la Santé, comme à la Présidence, on explique que le « risque politique », s’il a bien sûr été pris en compte, n’a pas résisté à la dure réalité du niveau des régimes de retraite pour 2019.

Information confirmée par le ministre de la Santé, Jacques Raynal, mercredi à l’issue du conseil des ministres. « Les projections sur les trois prochaines années sont marquées par une rupture de l’insolvabilité du régime », explique le ministre.

Jacques Raynal dit regretter que la réforme des paramètres de retraite n’ait pas abouti en 2012. Elle avait été annulée sur la forme par le Conseil d’État. « Les comptes ne se sont pas améliorés depuis », constate le ministre. Il précise que l’an dernier 40 000 Polynésiens émargeaient au régime vieillesse, pour un coût total de plus de 45 milliards de Fcfp. Sans réforme, le déficit va se poursuivre de -3,9 milliards de Fcfp en 2018, -3,6 milliards d Fcfp en 2019 et -3 milliards en 2020.

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4 Commentaires

  1. Warning sign
    7 décembre 2017 à 5h45 — Répondre

    C’est courageux

  2. GTI
    7 décembre 2017 à 16h55 — Répondre

    Oui, au moins une décision courageuse. Si les gouvernants devaient repousser toutes les mesures impopulaires mais nécessaires, juste à cause des différentes élections, on n’avancerait jamais. Ce sujet a trop tardé, et personne n’est assez stupide pour croire qu’on peut le régler sans mettre la main à la poche d’une façon ou d’une autre (soit la hausse des cotisations, soit la baisse des pensions, soit la hausse des impôts sociaux). Donc bravo de ne pas avoir une nouvelle fois attendu. Fa’aitoito. J’espère juste que la répartition des efforts sera équilibrée, entre les contribuables, les retraités, les travailleurs, les employeurs.

  3. Pierre André
    7 décembre 2017 à 19h03 — Répondre

    Je ne comprends pas. La retraite, c’est de l’argent que j’ai versé durant ma vie active. Alors pourquoi un tel déficit ?

    • Rienestsimple
      8 décembre 2017 à 16h49 — Répondre

      Dans ce cas précis, tout simplement parce que vous n’avez pas assez versé d’argent pour la retraite que vous voudriez toucher aujourd’hui (les cotisations polynésiennes sont inférieures à la Métropole, pour un départ en retraite plus tôt).

      Du temps de Flosse, des retraites étaient acquises sans aucune cotisation ou presque.

      Accessoirement, la hausse du chômage (entrainant ipso facto moins de cotisants, donc moins de recettes) n’a pas amélioré les choses (mais une saine gestion en temps et heure aurait évité les problèmes, ce qui n’a pas été le cas) …

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