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Pourquoi les riches n’investissent-ils pas plus pour sauver leur culture ? – Edito 25/10/2017

Vous savez pourquoi au final cela risque d’être une bonne chose que ce projet démesuré de Mahana Beach ne se fasse pas ? Parce qu’au moins les polynésiens ont moins de chances d’y diluer une partie de leur âme trop vite. Au milieu de tous ces buildings, commerces, casinos et autres fast foods de franchises internationales, on aurait continué de n’aborder que le sommet de notre iceberg culturel polynésien, la danse folklorique. C’est déjà ça me direz-vous, certes, mais pourquoi s’en contenter quand on peut faire mieux ?

Cela fait des décennies qu’existe à Hawaï le fameux Polynesian Cultural Center. Il est là-bas possible de se plonger dans tous les aspects de la richesse culturelle d’un peuple qui a bien raison de l’ériger en fierté. N’en déplaise à tous les pisse vinaigres qui regardent ça de haut en raison de leurs origines et leurs références différentes : à partir du moment où il y a une histoire, donc des choses à raconter, une langue, des us et des coutumes, des arts, alors en effet il y a patrimoine. Il sert à forger une identité, et pour continuer de le faire vivre il est important de le valoriser. Chez nous le Heiva, le Hura Tapairu, ou encore dernièrement Pinai’nai sont des vecteurs fantastiques qui permettent objectivement de prendre toute la mesure du trésor dont le peuple originaire de nos îles a hérité et qu’il doit continuer de faire fructifier.

Mais je vous parlais du Polynesian Cultural Center de Hawaï car il est incompréhensible que nous n’ayons pas quelque chose de similaire au Fenua. A moindre échelle il a fallu que ce soit celui qui était surnommé le « sauvage blanc », le courageux Olivier Briac, qui monte et fasse tourner contre vents et marées le fameux Tiki Village de Moorea. Il est la preuve incarnée qu’on peut aussi ne pas avoir la même couleur de peau mais tomber amoureux d’un pays et de ce qui le façonne dans tous ses aspects et avoir envie de les faire briller.  Ne nous leurrons pas c’est aussi évidemment sa couleur de peau qui a été le plus grand frein à ce qu’il puisse bénéficier, gouvernement après gouvernement, des aides publiques qui lui auraient permis de faire tourner la boutique, la faire grandir.

Donc si ça n’a pas à être quelque chose qui doit être porté par un blanc, encore moins par un jaune vu ce qu’on lit et ce qu’on entend, je serais curieux de savoir où ils sont tous les polynésiens friqués à ne pas savoir quoi faire de leur argent. Car il y en a, et beaucoup. Pourquoi ça ne vient à l’idée d’aucun d’entre eux de contribuer au financement d’un projet culturel qui ne serait pas pour autant sans visée commerciale et qui permettrait de valoriser qui ils sont à la base ?

250 000 personnes sur une planète qui compte plus de 6 milliards d’individus, cela vous donne la mesure de l’enjeu que cela représente de ne pas se faire noyer dans la masse et s’acculturer à ce qui vient d’ailleurs. Les pouvoirs publics n’y arriveront pas seuls, alors à « vot’bon cœur m’sieurs dames » afin d’éviter que ce qui a encore le potentiel de vibrer ne se transforme précocement en souvenirs …

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1 Commentaire

  1. Nani
    3 novembre 2017 à 13h39 — Répondre

    eh ben j’en connais des gens qui veulent faire un PCC mais le problème l y a une mafia de la culture car c’est toujours les mêmes clowns ou clochettes que l’on voit (the same people) qui ne parlent même pas tahitien, enfin always the same. C’est pour cela le sauvage blanc, il a tracé son chemin seul car aucun soutien, poehae par le same people. Bravo Olivier Briac et merci pour mon peuple. You’re the best.
    Mea ma ma. Va faire un tour vers TUPUNA KULTUR qui prend la relève, à elles seules, elles se débrouillent à mener leurs activités avec passion et authenticité et faire la promotion authentique du MANA sans les millions des contribuables gaspillés par les formidables services soit disant publics. POPO. Nani T.
    et encore il y en a des artistes sans souci mais pleins de passion et d’expérience qui peuvent contribuer à mener en avant le territoire mais à cause de ces clowns ça n’avance pas. Mais je suis positive. Les mauvaises herbes finissent toujours par déguerpir. C’est écrit chantait Gabrel LOL allé bonne journée

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