EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Pourquoi pas des boîtes à livres au Fenua ? – Edito 09/11/2015

Une fidèle auditrice m’a permis de découvrir un reportage de France 3 Lorraine qui m’apprenait ainsi de l’existence des boîtes à livres installées dans les rues de la ville de Metz.

De quoi s’agit-il ? D’une sorte de boîte aux lettres sauf qu’il y a des livres dedans. Il n’y a pas de design figé, si le logo que l’on retrouve dessus est commun, l’aspect extérieur de la mini bibliothèque de rue s’adapte à l’architecture de son environnement immédiat. Alors autant vous dire tout de suite à quel point on pourrait faire ce qu’on veut à Papeete tant tout ce qu’on trouverait autour n’est pas très ragoutant.  On s’assure juste en fait que les ouvrages soient bien à l’abri des aléas de la météo.

C’est vraiment ce que j’appelle une superbe idée. C’est entièrement gratuit, vous vous servez, vous mettez un autre livre à la place ou pas, vous l’emportez ou en lisez un bout sur place. On met du concret dans les mains des gens, quel que soit leur âge, ou leur niveau de vie. C’est facile à mettre en œuvre tout de suite et pas si cher que ça par rapport à tout le gaspillage d’argent qu’on voit partout, tout le temps. A 9 jours du 15ème salon du livre organisé à la Maison de la Culture voici une initiative qui serait la bienvenue dans une société polynésienne où on se lamente en permanence de la perte de sa langue locale, et de la difficulté d’accéder à la culture par tout un chacun.

On s’imagine trop aisément que c’est un acquis de pouvoir lire un livre. Mais ce n’est pas vrai. Il y a parmi les plus démunis bien d’autres priorités d’achats que de dépenser pour acheter un bouquin. En facilitant ainsi l’accès à la lecture, hors cadre scolaire ou bibliothèques nécessitant une inscription, on donne concrètement les moyens à tout le monde d’accéder à la connaissance, quelle qu’elle soit. A environ 70 000Fcp tout compris de la conception à la pose, on installerait à bas coûts des fenêtres o uvertes vers l’accès à la lecture. Qu’on y mette des livres, des albums de bande dessinées, même des mangas.

Je peux témoigner de mon cheminement personnel. Si aujourd’hui je sais écrire, c’est parce que j’ai lu. A 6 ou 7 ans mon papa m’a mis dans les mains mes premiers albums de Tintin, il a permis à mon imaginaire de se mettre en ordre de marche. Et c’est tout naturellement ensuite, qu’avec le réflexe acquis de lire des bulles de BD, je suis passé de moi-même à des livres de plus en plus épais qui avaient la faculté de me permettre d’apprendre tout en m’évadant.

C’est aussi dans les livres que j’ai appris que le reportage de France 3 Lorraine aurait pu ne jamais exister. Localement la télévision a failli être la ZDF, le service public allemand, si nous n’avions pas remporté la 1ère guerre mondiale et récupéré l’Alsace et la Lorraine perdus et cédés à la puissance germanique en 1871.  Mais ça ou autre chose, du simple fait qu’il y ait moyen de s’enrichir en lisant, que nos politiques fassent tout pour qu’avec cet exemple on passe davantage de l’intention à l’action.

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1 Commentaire

  1. 12 novembre 2015 à 3h30 — Répondre

    Merci pour la citation !

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Pourquoi pas des boîtes à livres au Fenua ? – Edito 09/11/2015