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Préavis de grève à la Banque de Tahiti de Uturoa

© CP/Radio1

Le syndicat A Tia I Mua dépose aujourd’hui un préavis de grève à l’agence de Uturoa de la Banque de Tahiti. Il réclame le départ du directeur, accusé de faits de harcèlement moral durant 15 ans envers l’une des employées de la banque.

A Tia I Mua tenait ce matin une conférence de presse pour médiatiser son préavis de grève à la Banque de Tahiti de Uturoa. En cause, le directeur de l’agence, accusé de harcèlement moral depuis 2005 et maintenu en poste. Les principales accusations viennent d’une chargée de clientèle de la banque, mais d’autres personnes auraient également été victimes de ce type d’agissements, et démissionné de la banque ou « poussés à démissionner », explique Jean-Marie Yan Tu.

Cette employée a rejoint le syndicat A Tia I Mua il y a deux mois, n’attendant plus rien du syndicat majoritaire, Otahi, auquel elle était affiliée auparavant. « D’après ce qu’on sait, il y a eu des brimades, de remontrances, des humiliations », dit le secrétaire général de A Tia I Mua. Comme, par exemple, en demandant à cette employée, chargée de la gestion de comptes clients, de faire le ménage dans l’agence. On lui aurait proposé d’aller travailler à Tahaa, mais en tant que guichetière. Un membre de la direction de Tahiti est allé à sa rencontre, dit le syndicat : « Ils sont allés manger, elle s’est retrouvée en face de son agresseur ! » mais aucune action n’a été prise. L’employée harcelée est actuellement arrêtée, en accident du travail, certificats médicaux et attestations à l’appui. Trois des huit collaborateurs de l’agence, certains harcelés eux-mêmes, ont témoigné.

Fait exceptionnel, était présente à la conférence de presse la quasi-totalité des représentants du personnel du siège de la Banque de Tahiti, « par solidarité envers notre collègue de l’agence de Raiatea ». Cyril Boiron, secrétaire général du syndicat professionnel des collaborateurs de la Banque de Tahiti, et délégué syndical A Tia I Mua, s’insurge lui aussi contre le traitement de ce dossier par la direction.

Le dossier a également été transmis à la CFDT à Paris, avec qui A Tia I Mua est associé. « Il y a eu un cas identique il y a un an et demi, rappelle Jean-Marie Yan Tu, où les avocats de la CFDT ont agi. Un arrangement avait été trouvé et des indemnités versées. »

Le préavis de grève porte 4 revendications :  le remplacement immédiat du directeur de cette agence, la révision de la grille des salaires, l’envoi en mission dans les îles de membres du CHSCT pour des visites trimestrielles suivies de comptes-rendus détaillés, et la création d’une cellule psychologique pour « parer la souffrance au travail et les risques psychosociaux pour le personnel de la Banque de Tahiti dans son ensemble. » Si aucun accord n’est trouvé, la grève sera effective le mercredi 21 octobre à 0h00.

 

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