EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Présidentielle aux USA : un D-day qui fait trembler – Edito 03/11/2020

Je me souviens il y a quatre ans lorsque quasiment sûr de mon coup j’anticipais presque en partant du principe qu’autant de sondages ne pouvaient pas mentir et qu’ainsi Donald Trump ne serait jamais Président. A l’annonce des résultats, c’est la seule et unique fois où c’est arrivé, j’ai immédiatement mis en ligne un édito en avant-première de sa diffusion en radio le lendemain matin tellement j’étais scotché. Et aujourd’hui où les américains retournent aux urnes – même si le vote par anticipation et par correspondance est activé depuis plusieurs semaines déjà – ce dont j’ai peur ce n’est pas du tout du résultat en lui-même.

Lorsqu’une société est à ce point ancrée sur le modèle du bipartisme fatalement on fait de la moitié des habitants d’un pays des déçus, cependant cette fois nombre d’indicateurs laissent à penser que l’Amérique est au bord de l’embrasement. Les antagonismes sont entretenus et poussés à leur paroxysme à tel point que savoir comment se déguiser pour Halloween était pour certains le cadet de leur souci, ils préféraient se demander comment ils allaient s’habiller pour la guerre civile de cette semaine. Des américains qui parviennent à faire de l’humour certes noir, mais de l’humour quand même, car ils sentent bien que quelque chose dans leur pays semble arriver à son point de rupture.

Comme les spécialistes ont eu l’occasion de le dire dans les médias, il est possible qu’aucun des candidats ne reconnaisse sa défaite ce soir. Un nombre inédit de votes par correspondance devra être dépouillé et cela pourrait prendre des semaines. C’est dans ce laps de temps d’incertitude que le basculement au sein de la population pourrait survenir, la vigilance est donc de mise.

Comme à la fois et jusqu’à preuve du contraire on ne peut plus ni faire confiance aux sondages au pays de l’oncle Sam, ni même envisager un comportement rationnel de Donald Trump en cas de défaite, les scenarios les plus improbables deviennent potentiellement crédibles. Celui qui tourmente beaucoup serait celui où le Républicain serait à l’origine d’une crise constitutionnelle en n’acceptant pas la victoire de Biden et en souhaitant s’accrocher au pouvoir. Un tel exemple venant de la plus grande démocratie du monde ne se ferait pas sans conséquences sur les systèmes politiques des autres pays occidentaux, cela pourrait donner des idées et créer le marasme.

Le 9 novembre 2016 je vous écrivais ces mots qui manifestement ont toujours du sens aujourd’hui, quel que soit le résultat à venir d’ailleurs :

« La moitié des américains va se réveiller avec la gueule de bois, mais le véritable risque c’est que l’autre moitié ait très rapidement envie de se saouler aussi. C’est un séisme politique, idéologique, institutionnel, et sociétal que la première démocratie du monde a elle-même déclenchée. S’il y a eu le printemps Arabe nous faisons ici la connaissance de l’automne américain. Et après l’automne vient l’hiver et il s’annonce très rude. God Bless America. »

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Journal de 7:30, le 03/11/2020

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