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Présidentielle: Fillon calme une fronde de députés de son camp

Paris (AFP) – Sitôt rentré de La Réunion, François Fillon est venu mardi à l’Assemblée tenter d’éteindre une nouvelle fronde à droite, excluant toujours son retrait de la présidentielle, « qui créerait une crise majeure » d’autant qu’à ses yeux il n’y a pas de « solution alternative ».

Fidèle, selon un député LR, à sa ligne « moi ou le chaos », le candidat de la droite, toujours englué dans l’affaire des emplois présumés fictifs de ses proches, a prévenu que son retrait provoquerait un risque « d’effacement » de la droite au profit de Marine Le Pen, qui se verrait « ouvrir une porte ».

« Honnêtement, ça serait peut-être plus facile pour moi personnellement et ma famille de ne pas être dans cette compétition aujourd’hui. Cette décision (de rester), je l’ai prise, je ne reviendrai pas dessus », a dit le vainqueur de la primaire de la droite.

Il répondait ainsi à une vingtaine de parlementaires, notamment sarkozystes, comme George Fenech, Alain Gest, Claude Goasguen ou Sébastien Huyghe qui, lors d’un dîner la veille, avaient constaté leur « impossibilité de faire campagne » face aux dégâts provoqués par le « Penelopegate » et réclamé la tenue d’un bureau politique pour débattre d’un plan B.

« Ce n’est pas je ne sais quelle instance du parti qui va décider du candidat à l’élection présidentielle. Il y a eu une primaire (…) et m’étant entretenu avec les principaux candidats, notamment Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, j’ai constaté qu’il n’y avait pas de solution alternative », a lancé M. Fillon.

« Je suis harcelé par la presse nationale. J’ai le harcèlement judiciaire. Je ne voudrais pas avoir en plus le harcèlement parlementaire(…) La question, c’est + est-ce que vous m’aidez ou est-ce que vous me compliquez la tâche ?+ », a exhorté l’ancien Premier ministre dont la campagne reste suspendue à la décision que prendra le parquet national financier à l’issue de son enquête préliminaire.

– ‘Un candidat totalement propre’ –

Selon des participants à cette réunion à huis clos, la « grande majorité » des députés, « voire 90% », ont soutenu François Fillon. Pour Damien Abad, « la campagne présidentielle, ce n’est pas un brevet de moralisme ».

Mais « beaucoup ont aussi témoigné de leurs difficultés sur le terrain » avec « des électeurs choqués par les sommes » gagnées par l’épouse et les enfants Fillon.

« Il y a la nécessité de se dire les choses clairement », a résumé le porte-parole du candidat, Thierry Solère, rattrapé par la tempête.

 Dans son édition de mercredi, Le Canard enchaîné, à l’origine des révélations sur les Fillon, affirme que M. Solère a « omis de régler une partie de ses impôts » entre 2010 et 2013, des soupçons de fraude fiscale qui font l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Nanterre.

« Chasse à l’homme », a dénoncé M. Solère, qui veut porter plainte pour diffamation contre l’hebdomadaire satirique.

Le chef de file des « frondeurs », le sarkozyste George Fenech, a fait marche arrière pendant la réunion après avoir fait circuler « une lettre ouverte » réclamant un bureau politique face à « une crise majeure ».

« Je ne demande plus un bureau politique et j’oublie le texte préparé hier soir », a déclaré M. Fenech après que Christian Jacob a qualifié son initiative de « vraie connerie monumentale ».

Mais le sénateur Alain Houpert est lui « toujours sur la même ligne ». « La victoire de Fillon s’est faite sur un malentendu avec les Français. Le candidat a caché des choses. Choisissons à l’avenir un candidat totalement propre », a-t-il déclaré à 20minutes.fr.

Face aux députés, M. Fillon a assuré qu’il allait continuer à faire campagne, notamment mercredi à Compiègne (Oise) après avoir déjeuné avec Nicolas Sarkozy. Il veut aussi mettre l’accent sur « la sécurité » avec la situation « dans les banlieues ».

Habituellement prompt à les ignorer, il s’est réjoui des sondages qui « ont commencé à remonter un peu », alors que « ceux de M. Macron sont en train de baisser ».

M. Fillon est pourtant en chute libre et se retrouve à 22% de cote d’adhésion, soit une baisse de 10 points en un mois, selon un sondage Odoxa publié mercredi.

L’optimisme du candidat est d’ailleurs loin d’être partagé par tous. « Morituri te salutant » (« ceux qui vont mourir te saluent »), ironise un sénateur LR. Certains « comptent sur la justice pour faire le sale boulot », assène un député.

François Fillon à L'Etatng-Salé le 11 février 2017 lors de son voyage à La Réunion . © AFP

© AFP/Archives Richard BOUHET
François Fillon à L’Etatng-Salé le 11 février 2017 lors de son voyage à La Réunion

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