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Prêtre assassiné: nouveaux rassemblements interreligieux

Saint-Etienne-du-Rouvray (France) (AFP) – De nouveaux rassemblements interreligieux ont marqué la journée de samedi, notamment à Lyon et à Bordeaux, quatre jours après l’assassinat d’un prêtre par deux jihadistes à Saint-Étienne-du-Rouvray, tandis que l’enquête suit son cours avec deux gardes à vue.

A Lyon, une marche silencieuse a rassemblé samedi après-midi près de 400 personnes, musulmans, chrétiens et laïcs pour témoigner « d’une société unie face au terrorisme ».

« Nous vaincrons par la fraternité », « Ceci n’est pas une guerre des religions » ou encore « On est tous frères et soeurs », pouvait-on lire sur les banderoles.

Le cortège, qui a marché de la place Carnot à la place Bellecour dans le centre de la ville, s’est dispersé sans incident vers 16H20.

A Bordeaux, environ 400 personnes assistent à la messe du soir. Le prêtre a invité l’assemblée « à se recueillir, quelle que soit sa foi et sa conviction ».

A Saint-Etienne-du-Rouvray, l’église Sainte-Thérèse, la deuxième de la ville, était comble pour la messe de 18h organisée avant la veillée. Parmi les 300 fidèles se trouvait une cinquantaine de musulmans. Cinq policiers ont été mobilisés à l’entrée pour filtrer les arrivées. 

« Je suis là pour que cela ne recommence pas, ça fait peur, on a envie de rassembler, témoigne Nicole, catholique pratiquante. Je trouve ça bien que des musulmans assistent à la messe. C’est en s’unissant qu’on va pouvoir se battre ». 

– « Accueil fraternel » –

Dimanche, les musulmans sont appelés par le Conseil français du culte musulman à se rendre dans les églises au moment de la messe, et la conférence des évêques a appelé les paroissiens à leur réserver un « accueil fraternel ».

L’enquête sur cet attentat s’attache à mettre au jour le milieu dans lequel évoluaient les deux jihadistes, Abdel Malik Petitjean et Adel Kermiche, âgés l’un et l’autre de 19 ans, qui avaient été repérés chacun de son côté par les services de renseignement sans que leur passage à l’acte imminent n’ait été détecté.

Deux personnes, le cousin de l’un des deux tueurs et un réfugié syrien, étaient toujours en garde à vue samedi, tandis que celle d’un mineur de 16 ans a été levée.

Ce dernier n’en a toutefois pas fini avec la justice: des documents de propagande jihadiste ont été retrouvés dans son téléphone ainsi que dans son ordinateur, et ces éléments ont été transmis par le parquet de Paris à son homologue de Rouen, territorialement compétent et qui pourrait décider d’ouvrir une procédure distincte pour « apologie du terrorisme ».

Son frère intéresse les enquêteurs: proche de l’un des deux tueurs, Adel Kermiche, il est parti dans la zone irako-syrienne en 2015 et les services antiterroristes se demandent s’il a pu jouer un rôle depuis la Syrie dans l’attentat de mardi.

– Dialogue avec les religieuses –

Par ailleurs, un mineur de 17 ans qui avait cherché à partir en Syrie avec Adel Kermiche en 2015 a été arrêté récemment à Genève lors d’une seconde tentative, et remis à la France où il a été emprisonné, a indiqué samedi une source proche de l’enquête. A ce stade, « rien ne montre qu’il ait une quelconque implication » avec l’attentat de mardi, a cependant averti cette source.

Un autre homme de 19 ans fiché « S » (signalé pour radicalisation) et arrêté le 25 juillet dans une enquête distincte des services de renseignement, a été mis en examen vendredi. Une vidéo d’Abdel Malik Petitjean, dans laquelle celui-ci prêtait allégeance à l’EI et évoquait « une action violente », avait été retrouvée dans un téléphone à son domicile.

Une autre enquête est en cours, dans laquelle un Français de 20 ans a été interpellé. Il s’était rendu en Turquie début juin avec Petitjean avant d’être refoulé comme lui.

Le déroulé du drame se précise. Dans une interview à l’hebdomadaire La Vie, les deux religieuses qui avaient été retenues à l’intérieur de l’église ont raconté qu’un dialogue s’était engagé avec les deux jihadistes après l’assassinat du prêtre. « Tant qu’il y aura des bombes sur la Syrie, nous continuerons les attentats », leur a dit l’un des deux hommes. Interrogée samedi par l’AFP, soeur Danielle a indiqué que l’un d’entre eux était entré dans l’église quelques minutes avant l’attaque pour demander un renseignement.

Marche silencieuse à Lyon, le 30 juillet 2016 après l'assassinat d'un prêtre par deux jihadistes à Saint-Étienne-du-Rouvray. © AFP

© AFP JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Marche silencieuse à Lyon, le 30 juillet 2016 après l’assassinat d’un prêtre par deux jihadistes à Saint-Étienne-du-Rouvray

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