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Primaire de la droite: l'heure est au duel télévisé Fillon/Juppé

Paris (AFP) – L’heure est au face-à-face. François Fillon et Alain Juppé ont rendez-vous jeudi soir pour l’ultime débat télévisé de la primaire de la droite, moment de vérité de cet entre-deux tours électrique, avec un maire de Bordeaux à l’offensive pour tenter de rattraper son rival, largement favori.

A partir de 20H55, les deux finalistes de cette compétition, inédite à droite et possible antichambre de l’Elysée pour le vainqueur, répondront pendant 1h40 environ aux questions de Gilles Bouleau (TF1), David Pujadas (France 2) et Alexandra Bensaid (France Inter).

L’après-Sarkozy démarre sur les chapeaux de roue. Débarrassé de l’ancien chef de l’Etat mais pris de vitesse par le bolide Fillon (44,1%) et lesté de 660.000 voix de retard, Alain Juppé (28,6%) a dû changer de braquet.

François Fillon ? Un « ultralibéral » dont le programme n’est « pas crédible ». Un « béni oui-oui » adoubé par Vladimir Poutine. Un « conservateur » auquel se rallient des membres de « l’extrême droite ». « Traditionaliste » même, avec l’appui de l’organisation anti-mariage homosexuel Sens commun.

Les soutiens de M. Juppé, qui ne veulent pas insulter l’avenir, ont une approche plus modérée. Principal avocat du maire de Bordeaux, Benoist Apparu « ne se reconnaî(t) pas dans la tension politique de la campagne de second tour ». Hervé Mariton en appelle au « respect mutuel ». « Juppé part en vrille », peste un autre.

Président par intérim du parti (Les Républicains), Laurent Wauquiez, qui a décidé de soutenir M. Fillon, juge même que la « ligne rouge » a été franchie. « Certaines attaques, certaines caricatures, sont inacceptables », condamne cet ancien soutien de Nicolas Sarkozy.

Des « caricatures » également dénoncées par 215 parlementaires de droite et du centre -principalement fillonistes de longue date ou fraîchement convertis – qui, dans une tribune publiée jeudi dans Le Figaro, appellent à ne pas se « glisser dans les habits sémantiques de la gauche ».

« Aucun coup sous la ceinture », seulement quelques demandes de « clarifications », s’est justifié mercredi sur TF1 Alain Juppé, exhortant son adversaire à ne pas « jouer les chochottes » et rappelant avoir lui aussi subi son lot d’attaques.

– Net avantage à Fillon –

François Fillon se défend âprement. Dénonce une « attaque basse » sur ses positions sur l’IVG qu’il n’a « jamais remis en cause ».

« Il faut que tout le monde évite de sombrer dans la polémique », temporise Nathalie Kosciusko-Morizet, ralliée à Juppé.

Passé en un éclair du statut de révélation de la campagne à celui de favori, François Fillon voit son programme économique et social ausculté, comme son discours en matière de diplomatie, notamment ses accointances avec la Russie. Il a fait un geste en direction des centristes en promettant « une marge de négociation » pour les investitures aux législatives de juin.

Après l’énorme surprise du premier tour, les jeux semblent joués, si l’on en croit les sondages. M. Fillon l’emporterait dimanche avec 65% des voix contre 35% à Alain Juppé, selon Ifop-Fiducial.

Pendant cet unique débat avant le second tour, debout derrière leur pupitre, face à un public de 60 personnes, Fillon et Juppé auront deux minutes de réponse par question, puis débattront directement. Trois grands thèmes ont été retenus: « Quel président serez-vous ? Quelle société voulez-vous ? Quelle vision de la France ? »

Le président de la commission d’organisation de la primaire, Thierry Solère, est confiant: « Deux anciens Premiers ministres, deux hommes d’Etat, bien sûr que ce sera de très haut niveau », a-t-il dit sur Sud Radio et Public Sénat.

Près de 4,3 millions de votants se sont rendus aux urnes dimanche dernier au premier tour de la primaire, également marquée par l’élimination sans appel de Nicolas Sarkozy (20,7%).

Désormais retraité de la politique, l’ancien président a réuni mercredi une cinquantaine de parlementaires pour leur exprimer sa reconnaissance, leur recommandant d' »aider Fillon » auquel il s’est rallié dès dimanche. « Le déchaînement contre moi s’est retourné contre Fillon. C’est la règle médiatique », a-t-il estimé.

Les autres éliminés du premier tour se sont partagés entre François Fillon -Bruno Le Maire (2,4%) et Jean-Frédéric Poisson (1,5%)- et Alain Juppé pour Nathalie Kosciusko-Morizet (2,6%) et Jean-François Copé (0,3%).

« Quel que soit le résultat de dimanche, la droite et le centre-droit français sont en totale capacité de se rassembler pour aborder l’élection présidentielle », veut croire Thierry Solère.

François Fillon et Alain Juppé à l'issue du débat télévisé du 30 novembre 2016 salle Wagram à Paris. © AFP

© POOL/AFP/Archives Eric FEFERBERG
François Fillon et Alain Juppé à l’issue du débat télévisé du 30 novembre 2016 salle Wagram à Paris

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