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Primaire du PS: après un premier débat policé, la course continue

Paris (AFP) – Une audience de 3,8 millions de téléspectateurs, de nettes divergences mais sans pugilat: les acteurs de la primaire initiée par le PS espèrent que leur premier débat télévisé a lancé une dynamique porteuse à tout juste dix jours du scrutin.

Selon Médiamétrie, 3,8 millions de téléspectateurs (18,3% d’audience) ont regardé le premier débat jeudi soir sur TF1, mais le cinquième du genre en trois mois, après la primaire organisée par LR. Nettement moins que les 5,6 millions de la première joute des candidats de droite le 13 octobre, ou que les 4,9 millions du premier débat de la primaire PS de 2011 qui avait conduit à la désignation de François Hollande.

Mais ce résultat est jugé encourageant par les protagonistes, Manuel Valls estimant vendredi « tout à fait possible » une participation de 2 millions d’électeurs (2,9 millions en 2011) au scrutin du 22 janvier.

« Cette primaire, cette désignation est courte, ramassée, donc intense » mais c’est « une belle épreuve », a poursuivi vendredi l’ancien Premier ministre qui veut croire à une « nouvelle donne » lors de la présidentielle, une fois désigné le candidat de la primaire.

La presse est plus circonspecte, voire carrément critique. Un « grand concours de démagogie », dénonce le Figaro. « Un premier tour de chauffe peu convaincant », selon Le Parisien/Aujourd’hui en France. Mais « méfiez vous, les journalistes attendent du +fight+, les Français attendent des propositions », a modéré le député PS Christophe Borgel, président du comité d’organisation de la primaire.

Selon un sondage Elabe pour BFMTV publiée dans la foulée du débat (1.117 personnes interrogées), Arnaud Montebourg a été jugé le plus convaincant, par 29% des téléspectateurs, suivi de très près par Manuel Valls (26%), devant Benoît Hamon (20%). Mais M. Montebourg, qui se définit comme le « candidat de la feuille de paie », est devancé par MM. Valls et Hamon auprès des sympathisants de gauche (28% et 27% contre 23%).

Les différents candidats divergeaient vendredi sur la qualité de ce premier échange télévisuel: « constructif » pour M. Montebourg mais « assez peu séduisant » pour M. Hamon, alors que le débat a souvent tourné autour de ses propositions, notamment celle d’un revenu universel.

« La formule limite les possibilités de débat », a regretté Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate). « Parler d’économie sans parler ni d’écologie ni de numérique, c’est un peu surprenant », a renchéri le candidat écologiste François de Rugy.

Cette première joute à sept candidats, avec également la présence du socialiste Vincent Peillon et de la radicale de gauche Sylvia Pinel, a sonné le grand départ d’une campagne au calendrier très resserré, arrêté avant la décision de François Hollande de ne pas briguer un second mandat à l’Elysée.

Deux autres débats, dimanche (18h00) et jeudi (20h55), précèderont le premier tour dimanche 22 janvier.

– L’ombre de Mélenchon et Macron –

Entre-temps, les candidats multiplient les déplacements: vendredi, Manuel Valls et Vincent Peillon se croiseront à Dijon, Arnaud Montebourg est en Gironde. Benoît Hamon tient une réunion publique à Marseille.

Les acteurs et organisateurs de cette primaire souhaitent une forte participation pour recréer une dynamique autour du PS, dont les candidats sont devancés tant par Jean-Luc Mélenchon que par Emmanuel Macron dans les sondages sur le premier tour de l’élection présidentielle. Tous deux se sont d’ailleurs soigneusement abstenus de commenter ce premier débat.

M. Mélenchon avait annoncé jeudi avoir recueilli les 500 parrainages nécessaires pour l’élection. M. Macron se déplace vendredi dans les Hauts-de-France, notamment dans la ville FN de Hénin-Beaumont.

Peu de réactions également à droite, où on fait actuellement la course en tête dans les sondages pour la présidentielle.

« Qui peut faire confiance aujourd’hui à des gens qui ont tout échoué? », a lancé le député Eric Ciotti, à la veille de l’investiture officielle de François Fillon comme candidat de la droite à la présidentielle, un mois et demi après son éclatante victoire à la primaire.

« Sept sortants du quinquennat, sept laquais de Bruxelles », a commenté pour sa part le vice-président du Front national, Florian Philippot.

Vue générale du plateau de TF1 lors du débat télévisé entre les candidats à la primaire du PS, le 12 janvier 2017 à la Plaine-Saint-Denis. © AFP

© POOL/AFP PHILIPPE WOJAZER
Vue générale du plateau de TF1 lors du débat télévisé entre les candidats à la primaire du PS, le 12 janvier 2017 à la Plaine-Saint-Denis

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