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Primaire PS: place aux débats télévisés pour motiver les électeurs

Paris (AFP) – Les sept candidats à la primaire du PS élargie arriveront-ils à mobiliser l’électorat? Leur premier débat télévisé, jeudi soir, devrait donner un indice sur l’intérêt suscité par une compétition à l’issue pour l’instant très incertaine.

En 2011, le premier débat de la primaire de la gauche avait réuni 4,9 millions de téléspectateurs, avant que 2,66 millions d’électeurs se déplacent pour voter au premier tour.

La primaire de la droite avait elle suscité l’intérêt de 5,6 millions de téléspectateurs pour sa grande première en octobre dernier, avant de mobiliser 4,3 millions de votants au premier tour.

Le PS affiche des objectifs de participation plus modestes, compris entre 1,5 et 2 millions d’électeurs le 22 janvier.

Mais l’ampleur de la participation reste un facteur clé de la compétition, pour donner de l’élan à un candidat PS aujourd’hui devancé dans les sondages par Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, sans compter le duo de tête de Marine Le Pen et François Fillon.

Les partisans de Jean-Luc Mélenchon ne manquent pas une occasion de dénigrer l’exercice. « Aller voter à la primaire PS (…), c’est symboliquement amnistier ceux qui sont les premiers responsables des mauvais coups portés depuis 2012 », a fustigé jeudi son porte-parole, Alexis Corbière dans une tribune.

Ce premier débat sera diffusé à 21H00 sur TF1, LCI, Public Sénat et RTL et co-organisé par L’Obs (avant un deuxième dimanche, et un troisième le 19). Au menu, trois thématiques: les questions économiques et sociales, le terrorisme et les sujets autour de la République, de la laïcité et de l’islam de France.

Aucun candidat ne semblant pour l’heure s’imposer, ces débats devraient être décisifs. Selon les rares sondages sur la primaire de la « Belle alliance populaire » publiés depuis l’entrée en lice de Vincent Peillon le mois dernier, l’ancien Premier ministre Manuel Valls arriverait assez largement en tête au premier tour de l’élection, devant Arnaud Montebourg et Benoît Hamon au coude à coude. Mais sa victoire au second tour, le 29, serait incertaine.

– Valls à la peine –

Lancée en décembre après la renonciation de François Hollande, la campagne de M. Valls patine: ses meetings font pâle figure face à ceux d’Emmanuel Macron, sa ligne interroge et il n’a pas engrangé tous les soutiens qu’il escomptait, y compris au sein du gouvernement. Son passage à L’Emission politique, la semaine dernière, n’a pas convaincu.

Soutien de Vincent Peillon, la maire de Paris PS Anne Hidalgo a fustigé jeudi dans une interview au vitriol, « l’immense gâchis du quinquennat », pointant la responsabilité partagée de François Hollande, Emmanuel Macron, et l’ex Premier ministre.

Le débat donnera-t-il à voir un front anti-Valls ? Les candidats promettent à l’unisson un débat de « bonne tenue ». Pour ne pas faire fuir les électeurs, et pour ne pas donner prise aux critiques de ceux qui jugent impossible un rassemblement à l’issue de la primaire, tant sont profondes les fractures au sein du PS.

Désigné par le tirage au sort pour s’exprimer en premier, Manuel Valls devrait avoir à coeur de rappeler qu’il reste a priori le mieux placé pour porter les espoirs de la gauche face à la droite et à l’extrême droite.

Arnaud Montebourg, dont la campagne ne convainc guère ses camarades socialistes, tâchera de démontrer la cohérence de ses prises de position et la solidité d’un programme mûri depuis huit mois.

Troisième homme de cette primaire, Benoît Hamon est aujourd’hui celui qui bénéficie de la meilleure dynamique. Pris pour cible ces derniers jours par ses trois concurrents socialistes, notamment sur la question du revenu universel, il voudra sans doute en prouver la faisabilité et convaincre qu’il a la stature d’un présidentiable.

Parti en campagne très tardivement, souffrant d’un déficit de notoriété et largement distancé par ses camarades socialistes dans les enquêtes d’opinion, M. Peillon joue lui avec ces débats sa principale cartouche.

Pour les trois autres candidats, Sylvia Pinel (PRG), François de Rugy (Parti écologiste) et Jean-Luc Bennahmias (Front démocrate), le principal enjeu sera de profiter de ce temps de parole pour tenter de terminer premier des « petits ».

Des tracts électoraux pour la primaire du PS et pour le candidat Manuel Valls, le 11 janvier 2017 à Paris. © AFP

© AFP JACQUES DEMARTHON
Des tracts électoraux pour la primaire du PS et pour le candidat Manuel Valls, le 11 janvier 2017 à Paris

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