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Primaire: un débat touffu animé par une indignation de Sarkozy sur la Libye

Paris (AFP) – Un débat touffu, parfois confus, une réponse indignée de Nicolas Sarkozy sur les affaires judiciaires, et trois favoris qui évitent de s’attaquer frontalement: l’ultime débat télévisé de la primaire de la droite n’a pas tenu ses promesses à trois jours du premier tour. 

Visiblement ulcéré Selon deux sondages réalisés à chaud après le débat, Alain Juppé et François Fillon sont ceux qui ont tiré le mieux leur épingle du jeu.

Selon une enquête Elabe pour BFMTV, c’est François Fillon qui a été jugé le plus convaincant (33%) devançant de peu Alain Juppé (32%) et largement Nicolas Sarkozy (18%).

Selon autre étude d’Opinionway pour Le Point, Alain Juppé est en tête avec 30% de convaincus devant François Fillon (25%) et Nicolas Sarkozy (13%).

Dans les deux sondages, les seuls sympathisants de droite ou électeurs étant certains d’aller voter, placent François Fillon en tête (39% chez Elabe, 38% chez Opinionway).

Comme lors du premier débat, les affaires ont fait monter la température au tout début de l’émission diffusée sur France 2 et Europe 1. Visiblement ulcéré, M. Sarkozy s’en est pris au journaliste David Pujadas qui l’interrogeait sur les accusations de l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine sur un financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.

« Quelle indignité! (…) Vous n’avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la prison, qui a été condamné à d’innombrables reprises pour diffamation et qui est un menteur ? », a répliqué l’ancien président, soucieux de mettre un terme à ce sujet. 

Autre signe de la nervosité ambiante: Bruno Le Maire, distancé par François Fillon dans les sondages, a vivement répliqué à une pique du journaliste Jean-Pierre Elkabbach sur sa campagne: « Je suis candidat à la primaire, ça mérite tout simplement le respect de votre part ».

Lui et Nathalie Kosciuscko-Morizet se sont titillés sur le collège unique. Ce sont « les mêmes qui viennent des plus grandes écoles qui poussent leurs enfants dans les filières les plus élitistes, et qui expliquent aujourd’hui qu’il faudrait supprimer le collège unique, c’est-à-dire en fait trier les enfants à l’âge de 11 ans », a lancé la polytechnicienne NKM à Bruno Le Maire, normalien et énarque, dont la campagne patine depuis le premier débat télévisé. 

– Trio de tête resserré –

La dernière partie de l’émission que les journalistes promettaient animée en raison de la possibilité des candidats de s’interpeller a tourné court.

« On n’est pas des commentateurs, pas là pour s’interpeller les uns les autres », a protesté François Fillon, critiquant une conception « spectacle » du débat. Alain Juppé a embrayé: « Tiens, je vais parler d’autre chose: la ruralité ». Les outsiders, eux, semblaient plus enclins à en découdre.

Jean-Frédéric Poisson s’est lui emmêlé les pinceaux en proposant que le port de l’uniforme à l’école, qui « marche très bien en Martinique et en Guadeloupe », soit aussi appliqué « en France », avant de susciter des réprobations générales en parlant du « peuple » corse. 

Pour le reste, le débat fut plutôt convenu. Les candidats ont notamment débattu de l’avenir de l’Europe.

De menues divergences sont apparues au sujet de l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche: François Fillon a jugé « ridicule » d’en tirer des « conséquences » pour la France. « Fera-t-il après l’élection ce qu’il avait annoncé ? C’est une question que nous devrions nous poser en France aussi », a en revanche lancé Alain Juppé, visant sans les nommer Fillon et Sarkozy.

Les candidats ont également abordé le dossier syrien. « Bachar al-Assad ne représentera jamais à mes yeux – ou alors on n’est plus des humanistes – l’avenir de la Syrie », a réaffirmé M. Sarkozy. Mais « en cas de chute de régime », les chrétiens d’Orient auront le choix entre « la valise ou le cercueil », a fait valoir M. Fillon.

A trois jours du premier tour, ce troisième exercice était présenté comme décisif. En tête dans les enquêtes d’opinion depuis deux ans, Alain Juppé semble désormais en perte de vitesse et François Fillon en nette progression, selon plusieurs études concordantes.

Alors qu’Alain Juppé incitait à venir « voter en masse » dimanche, François Fillon a lancé un « N’ayez pas peur de contredire les sondages et les médias, qui avaient déjà tout arrangé à votre place ». L’ancien chef de l’Etat a lui mis en avant son « expérience », son « autorité » et son « énergie ». 

Les sept candidats à la primaire de la droite: Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson et Francois Fillon sur le plateau de France 2 le 17 novembre 2016. © AFP

© POOL/AFP CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
Les sept candidats à la primaire de la droite: Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-Frédéric Poisson et Francois Fillon sur le plateau de France 2 le 17 novembre 2016

© Valentine Bluet
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