EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Privées de culte parce que Raerae – Edito 17/05/2021

Hier à Bora Bora deux croyantes ont été privées d’assister à l’office protestant. L’entrée du temple leur a été interdite manu militari par un monsieur au physique impressionnant qui roulait des mécaniques. On parle là d’un fidèle venu à la base lui aussi s’enrichir de la parole de Dieu. Contrairement aux idées reçues, il est un principe universel et commun à l’ensemble des religions de la Terre qui est celui de la tolérance et de l’acceptation de l’autre dans ses différences. Des différences qu’on ne fait pas pour autant nôtres mais pour lesquelles il n’est pas question de juger. Ici pourtant ce fut le cas, et une sentence a même été prononcée. Ainsi parce que l’on est transgenre on n’aurait pas le droit de pénétrer dans la maison de Dieu ? C’est à se demander en l’occurrence qui est la brebis égarée entre ces malheureuses et leur bourreau du dimanche qui n’a pas hésité par la même occasion à les insulter copieusement.

Le concept est fascinant. Vous venez au culte pour prôner et partager la paix du Christ mais vous incarnez dès le portillon l’antithèse des fondamentaux de la Foi. On est là à nouveau au beau milieu de l’illustration d’une hypocrisie éhontée. Beaucoup se sont lâchés sur les réseaux sociaux en commentaires des vidéos de l’incident qui ont été publiées. L’homme a été sévèrement injurié. Manifestement on se rend compte d’un changement de paradigmes dans l’opinion publique. On l’avait déjà senti au moment où des propos homophobes avaient été tenus à l’encontre d’une candidate aux municipales déjà représentante à l’Assemblée. Pour une majorité, l’homophobie est non seulement considérée comme étant has been, mais aussi indigne d’un citoyen d’un pays libre au 21ème siècle.

Ce n’est pas pour autant qu’il faut jeter l’opprobre sur celui à qui les LGBTQ font justement honte. N’est-il pas en effet navrant dans l’absolu de considérer que pour se défendre ou soutenir ceux qui sont opprimés, il est opportun d’user des mêmes méthodes de dénigrement ou de stigmatisation ? Tout est un enjeu de pédagogie et de bienveillance. Il faut prendre le temps de se parler, de comprendre vraiment l’autre dans sa démarche et ses choix de vie – quand on a eu le luxe de choisir – au lieu de nourrir des aversions irrationnelles.

En quoi cela compromet-il sa propre communion avec le Seigneur que de laisser autrui prier dans la même pièce que quelqu’un qui porte une robe mais que l’on s’imagine faire pipi debout ? Même si on a mal, même si on a honte, je reste intimement convaincu – pour avoir moi-même essayé cette approche – que c’est par un trop plein d’amour que l’on éduque ceux qui ne savent pas, ou ne veulent pas savoir. Hasard du calendrier, en cette journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transophobie, si le chemin est encore long sur la voie de l’intégration et de l’acceptation, c’est bien en gardant la tête haute, en restant digne, en étant bienveillant même envers ceux qui vous haïssent que la voie s’éclairera. Vous avez juste à suivre l’arc-en-ciel.

Florent Collet
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1 Commentaire

  1. simone Grand
    18 mai 2021 à 6h59 — Répondre

    Si le Christ est muet sur le sujet, la Bible condamne sévèrement l’homosexualité que jusqu’à présent la société polynésienne trouvait normale.
    Ah la la, il faudrait redéfinir les mots civilisation et sauvagerie.

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Privées de culte parce que Raerae – Edito 17/05/2021