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Produire, Protéger, Partager : les trois « P » de Lionel Lao au Taatiraa no te hau

Le petit parti autonomiste, bien ancré dans la communauté chinoise, a tenu ce samedi une assemblée générale en forme de « passage de flambeau » entre Charles Fong Loi et Lionel Lao. Le nouveau président, ancien conseiller d’Édouard Fritch, passé par le cabinet de Nahema Temarii, a présenté un nouveau programme orienté vers la défense des entrepreneurs, « ADN » du parti, mais aussi vers l’idée que le partage des richesses est une « condition » et pas un frein à la liberté économique. Des idées qu’il s’agit d’enrichir et de propager dans un réseau à reconstruire d’ici les territoriales. En attendant, le Taatiraa no te hau soutient déjà plusieurs listes pour les communales et discutent avec d’autres candidats.

Près de 200 personnes pour un « vent de renouveau » à l’assemblée générale du Taatiraa no te hau, ce samedi matin. Charles Fong Loi, élu en 2011 à la tête du petit mais influent parti créé en 1977 par Arthur Chung et longtemps dirigé par Robert Tanseau, avait déjà annoncé un « passage de flambeau ». Passage réussi sous les applaudissements, ce samedi, vers Lionel Lao. Longtemps conseiller d’Édouard Fritch à la présidence, un temps directeur de cabinet de Nahema Temarii, et aujourd’hui responsable de projet à la Direction des talents et de l’innovation, ce quadragénaire « accompagne » le parti depuis sept ans. L’heure était à « prendre un engagement à 100% ».

Et le nouveau président n’arrive pas seul : si plusieurs « historiques » – dont Charles Fong Loi, premier vice-président et Robert Tanseau, troisième vice-président – sont maintenus à des postes clés, une « bonne moitié » du bureau a été renouvelé avec des « jeunes ». Pas question « d’opposer les générations », mais les nouveaux cadres ont en commun « d’être un peu fatigués, on va dire, des méthodes classiques, où toutes les décisions sont prises à huis clos, sans consultation, détail Lionel Lao. Là, on est vraiment sur une ouverture, où chaque personne pourra s’exprimer, chaque personne sera entendue ». Nouvelle équipe, et, déjà, nouveau programme politique. Une feuille de route baptisée « hono api » – « nouveau lien » -, travaillée depuis de longs mois et qui ne demande qu’à être « enrichie ». Elle s’appuie sur trois « P » : « Produire, protéger, et partager », détaille le président.

« Impulser une nouvelle dynamique »

Le premier « P » est le moins surprenant pour un parti créé par des entrepreneurs de la communauté chinoise, où il est toujours très implanté, et qui a toujours fait du soutien à l’activité et notamment celle des petites entreprises son cheval de bataille ». « Ça reste notre ADN, confirme Lionel Lao. Mais il faut aussi qu’on donne la possibilité aux gens de comprendre que la justice sociale, elle n’est pas contradictoire à la liberté économique, elle en est même la condition ». C’est donc le « P » de partager la richesse et les fruits de cette production. Quant à la protection, c’est celle des valeurs, de l’environnement, mais aussi celle de la jeunesse. « C’est aussi un axe fort de notre programme sur les cinq prochaines années, c’est qu’on va essayer d’associer au maximum les jeunes à nos travaux ».

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À entendre le nouveau président, ce nouveau cap a été bien accueilli par les militants, y compris les plus anciens, qui « étaient les premiers à vouloir impulser une nouvelle dynamique ».

La réforme du statut des outre-mer, une « opportunité »

Au premier rang, dans la salle du Swing de Papeete, Rémy Brillant – accompagné par Michel Buillard -, Teura Iriti et Simplicio Lissant, tous déjà officiellement soutenus par le Taatiraa no te hau dans leur course à l’élection ou la réélection municipale. Difficile, vu le calendrier, d’insuffler le nouveau programme dans cette campagne pour laquelle le parti est en « discussions » avec d’autres candidats de Tahiti pour un soutien officiel. La formation, alliée du Tapura depuis sa création, pourrait notamment et – « assez naturellement » pour son président – appeler à voter pour Édouard Fritch à Pirae.

Mais le programme « Hono Api » a de toute façon une ambition territoriale plus que municipales. Cap, donc sur 2028. Et d’ici là il s’agit pour le nouveau bureau, qui sait que l’aura du Taatiraa ne dépasse guère les limites de la zone urbaine, de tisser davantage son réseau. Une mission confiée à Pure Nena, lui aussi ancien du bureau de Nahema Temarii, et qui fait partie des jeunes arrivants au bureau du parti. L’objectif ? « Présenter un vrai programme de développement pour le pays, avoir une assise plus élargie et moins concentrée sur Papeete, on va mettre en place un vrai réseau de référent dans les communes, les vallées, les villes, détaille Lionel Lao. Et après, discuter. On a pas la prétention de partir seuls pour les territoriales, donc il faudra discuter avec nos partenaires ».

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Des partenaires autonomistes, puisque c’est aussi « l’ADN » du parti, mais avec qui le Taatiraa compte parle de « choses un peu plus concrètes que des places sur une liste ». Parmi les thématiques citées ce samedi, la réforme statutaire de la Polynésie, appelé de ses voeux par le président Emmanuel Macron lors du récent « dîner républicain » à l’Élysée. « Ça peut être une opportunité », pointe le nouveau président. Mais sur ce sujet là, il faut qu’on ait une vision et qu’on soit unis ».