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Présidentielle: Hollande face aux "Brutus"

Paris (AFP) – Avec l’officialisation dimanche de la candidature d’Arnaud Montebourg, la présidentielle de 2017 prend à gauche des airs de rendez-vous de « Brutus » avec des candidats unis « tous contre Hollande », estime la presse de lundi.

Deux constats s’imposent dans les analyses: l’éparpillement des candidatures et leur caractère « fratricide ».

« Au rayon du renouveau, il y en a pour tous les goûts. Du +gaullisme social+ chez Arnaud Montebourg, du +progressisme+ chez Emmanuel Macron, de l’écologie chez Cécile Duflot, de +l’alternative à gauche+ chez Benoît Hamon », constate Cécile Cornudet dans le quotidien économique Les Echos.

Cela suscite l’inquiétude de L’Humanité. « Comment éviter que la dispersion conduise à l’élimination de la gauche critique – et même de la gauche tout court – au second tour de l’élection présidentielle ? », écrit Patrick Apel-Muller, l’éditorialiste du quotidien communiste.

Dans Libération, Laurent Joffrin fait les comptes: « Montebourg une fois en lice, il y a désormais huit candidats de gauche à l’élection présidentielle. On craint parfois le vide des idées à gauche. On peut en discuter. Le trop-plein des concurrents, lui, crève les yeux. »

Sur le fond des discours, « c’est +règlement de comptes à O.K. Corral+, s’amuse Yves Thréard dans Le Figaro. Montebourg, Duflot, Hamon, Mélenchon et d’autres encore. Tous contre Hollande, mais en ordre dispersé, en vue de la présidentielle. »

– ‘Coup de poignard’ –

Pour Rémi Godeau, de L’Opinion, « la primaire, c’est simple comme un coup de poignard ! (…) Les Brutus de la gauche se jettent dans la préprimaire avec une arme de persuasion massive : tout sauf Hollande ! »

« A écouter la quasi totalité des discours, c’est la logique du contre qui l’emporte sur celui du rassemblement », souligne Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.

Et « c’est là tout le problème de François Hollande: comment espérer l’emporter quand, dans son propre camp, ils sont de plus en plus nombreux et déterminés à vouloir son désistement ou même sa défaite ? », rappelle Pierre Fréhel dans Le Républicain lorrain.

Pour Yolande Baldeweck de L’Alsace, « les batailles électorales fratricides sont les plus rudes. Elles peuvent être mortelles pour les partis ».

« Au final, cette joyeuse cacophonie d’egos et de règlements de compte, à gauche comme à droite, continue ainsi à dérouler toujours plus le tapis rouge au FN pour mai 2017 », avertit Bertrand Meinnel dans Le Courrier picard.

Arnaud Montebourg à "La fête de la Rose", le 21 août 2016 à Frangy-en-Bresse. © AFP

© AFP PHILIPPE DESMAZES
Arnaud Montebourg à « La fête de la Rose », le 21 août 2016 à Frangy-en-Bresse

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