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Puant : quand l’homosexualité est instrumentalisée pour détruire – Edito 18/06/2020

Si cela fait un bon moment qu’au Fenua on a arrêté de croire qu’on évoluait au pays des Bisounours tant la vie politique locale ressemble depuis plus de 30 ans à un mauvais mélange de séries TV du genre Dynastie, Amour Gloire et Beauté, House of Cards et même Game of Thrones, on se disait qu’il serait compliqué de verser davantage dans le sordide. Et bien non, l’innovation est encore possible grâce à la technologie, saluons donc une nouvelle performance via une vidéo d’une militante à l’occasion de cette campagne des municipales 2020.

Alors je ne la nommerais pas parce que d’un, que je cite un nom à l’antenne ça se mérite, et je n’ai pas envie de participer à la faire passer à la postérité, et de deux, elle en prend déjà largement pour son matricule sur les réseaux sociaux. Prudence néanmoins, il manquerait plus qu’elle finisse par céder à la pression de la plus funeste des manières et le scénario pathos d’un nouvel épisode de notre télénovela polynésienne serait bouclé. Si cette personne mérite d’être punie par la justice, je ne reviendrai cependant pas sur les faits, soit vous les connaissez, soit quelqu’un vous les soufflera.

Je préfère m’intéresser au fond du problème. Cela pourrait être l’homophobie mais ce sera plutôt le outing. L’homophobie sémantiquement vous comprenez de suite de quoi il est question, on ne va pas s’appesantir dessus. Mon expérience sur le sujet aurait d’ailleurs tendance à me faire dire que les plus grands détracteurs des homos sont souvent ceux qui n’ont intérieurement pas tout réglé chez eux. Mais passons, pour aujourd’hui en tout cas. Le outing par contre c’est plus malaisant. C’est balancer publiquement les préférences homosexuelles de quelqu’un qui était pourtant discret sur le sujet. Alors quand ça arrive à quelqu’un qui l’assume, par exemple en commentaires de la publication d’un édito, par des décérébrés qui à court d’arguments tentent de vous blesser avec ça et de vous salir en vous servant tous les ragots, ça passe au dessus. Mais quand le outing touche quelqu’un qui n’est pas encore au bout de sa démarche, qui n’assume pas encore publiquement, cela peut être totalement dévastateur. Cela peut briser des vies.

Donc en ce mois de juin reconnu internationalement comme celui dit des « fiertés », de mon point de vue il n’est pas question d’en profiter pour crier sur tous les toits qu’on est fiers d’être gay ou lesbienne ; il serait plus pertinent de se sentir fiers d’avoir eu le courage de se libérer d’un poids, fiers d’assumer qui on est, pour que ceux qui voudraient l’instrumentaliser contre nous, nous stigmatiser, fassent pschitt. Que ceux qui n’ont pas encore franchit le pas en soient inspirés …

Nous sommes en 2020, et plus que jamais, y compris en Polynésie, il est vain de tenter de faire croire que l’exercice de compétences au bénéfice de la collectivité puisse être mis à mal par notre choix de partager notre intimité avec qui l’on veut. Et ici on touche vraiment le cœur du problème, car là ou certains voudraient dénoncer le vice, il n’y a en fait que de l’amour.

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1 Commentaire

  1. Georgy Adams
    19 juin 2020 à 6h06 — Répondre

    Etre heureux en amour , n’est-ce pas le sens de la vie .
    Ah!!!! Education quand tu nous manque .

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Puant : quand l’homosexualité est instrumentalisée pour détruire – Edito 18/06/2020