EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Quand Flosse tire drôlement bien son épingle du jeu – Edito 10/02/2021

Hier matin j’ai regardé en direct sur les réseaux sociaux la vidéo de la conférence de presse que donnait Gaston Flosse. Je l’ai trouvé étrangement « soft ». Je ne pense pas que ce soit lié à l’âge, ce n’est ni un problème d’énergie, ni la sagesse avec un grand S qui lui serait tombée dessus d’un coup. On est davantage dans la stratégie. On oublie l’exubérance, les invectives, et on pose les jalons d’une stratégie de reconquête dans le calme, en tout cas pour le moment … Cela ne veut pas dire pour autant qu’on ne décoche aucune flèche, c’est juste qu’on le fait en y mettant plus de formes.

En l’espèce, et vous en avez entendu parler dans les rendez-vous de l’info, deux points principaux étaient à l’ordre du jour. Il était donc d’abord question de reprocher à Oscar Temaru de faire une sorte de fixette sur sa vision de l’indépendance en ayant tenté de politiser sans succès le Syndicat pour la Promotion des Communes, se prenant un gros vent bien gênant. Toutefois la vindicte maîtrisée du Vieux-Lion s’est surtout portée sur son ex-beau-fils prodigue Edouard Fritch. Outre le fait de reprocher à l’actuel Président de la Polynésie le fait de naviguer à vue sans réel cap – ça, ça revient en boucle on y est habitué – il s’agissait de dénoncer chez lui des velléités indépendantistes. Lors de la réunion du SPC outre le fait de qualifier M. Temaru de « Metua », Edouard Fritch aurait au demeurant tenu une posture vis-à-vis de l’indépendance de la Polynésie plutôt troublante pour un supposé autonomiste aguerri.

En réaffirmant son projet de changer le Tahoeraa en Amuitahiraa afin de s’ancrer dans un processus statutaire évoluant vers la souveraineté associée à la France Gaston Flosse marque dans ces temps troublés un point non négligeable. Ces dernières semaines il m’a été donné l’occasion de m’insurger dans le détail d’un côté sur les élucubrations sanitaires fantasques du leader indépendantiste trop souvent laissé en roues libres par son premier cercle, et sur les errements du clan autonomiste au pouvoir dans sa relation avec la France.

Gaston Flosse en « animal politique » rompu à la recherche d’une piste pour exister et occuper le terrain à tout prix est – aussi incroyable que cela paraitra à certains que cela sorte de ma bouche – actuellement le plus crédible dans sa posture et dans son projet de société pour la Polynésie de demain. Entre le fanatisme des uns qui se rêvent indépendants sans avoir les moyens d’assumer le coût de leurs ambitions, pourtant forts louables, et les autres qui cultivent la position du derrière entre deux chaises quitte à passer pour les « bourses molles » de service, faut avouer que le champ était libre. C’est même un boulevard qui a été ouvert pour que Gaston Flosse y plante les graines de ce qui, en tout cas sur le papier, tient la route au moment où ailleurs on frôle justement la sortie de route. Il serait donc temps que certains reprennent fermement le volant en mains.

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