EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Quand Hollywood ne jure plus que par les supers héros – Edito 09/05/2018

A croire qu’Hollywood est incapable de lâcher le filon et d’être un peu plus audacieux. C’est terrible de manquer à ce point de courage et d’originalité. Êtes-vous capables de me raconter l’histoire du deuxième volet d’ « Avengers » d’il y a trois ans, ou encore la trame exacte de « Batman contre Superman » de 2016 ? Non, n’est-ce pas ? Aussitôt ingurgité, aussitôt digéré, c’est du cinéma fast-food. Dans ce contexte c’est d’autant plus drôle de prendre connaissance de la toute dernière déclaration de Thierry Fremaux, le délégué général du Festival de Cannes qui s’ouvre cette semaine. Pour lui, je cite : « les séries, c’est industriel ; les films c’est la poésie ».

Et bien moi, vous savez quoi ? J’aurais mieux fait de regarder une série hier, car j’ai voulu tenter de comprendre les raisons du succès mondial colossal du film « Black Panther » en me calant devant. C’était sympa, sans plus, mais ça sentait quand même beaucoup le film ethniquement revanchard plombé par les grosses ficelles de la démagogie hollywoodienne. Ainsi, autant vous dire que l’analyse à l’emporte-pièce et d’un autre temps de Thierry Fremaux m’est apparue encore plus grotesque. Pendant près de deux heures, je n’ai pas réussi à saisir une quelconque poésie. Mais comme il n’est pas question de réduire le 7ème art à des films de mecs incapables d’utiliser leurs supers pouvoirs s’ils n’ont pas d’abord revêtus leurs combinaisons moulantes, on est en droit d’attendre la même chose pour les séries. Avec des bijoux comme Les Soprano, Oz, Twin Peaks, et j’en passe et des meilleures, il existe de quoi rivaliser avec des œuvres sur grand écran.

Bref, ce monsieur finalement illustre bien le problème : je n’ai jamais réellement compris quel était le but du Festival de Cannes. Est-ce vraiment un Festival du Cinéma dans toute la pluralité de ses genres, où simplement l’occasion pour de vieux aigris de célébrer un onanisme intellectuel où ne sauraient être reconnues que des long-métrages anxiogènes, pour ne pas dire, totalement chiants ? Netflix cette année n’y a même plus le droit d’y présenter ses films en compétition. Nous sommes à l’heure de la dématérialisation des contenus, de la distribution numérique mondiale. Même au Fenua, les habitudes de consommation des productions audiovisuelles ont largement évoluées et sont en train de changer la donne. Aussi sur Côte d’Azur, ou même ici, c’est une très mauvaise idée que de faire un pied de nez aux spectateurs ou téléspectateurs que nous sommes en jugeant avec une connotation péjorative le fait que l’on puisse regarder ce que l’on veut, où l’on veut et quand on le veut. Stigmatiser l’œuvre et celui qui la consomme en fonction du dispositif technique dont on se sert c’est refuser d’évoluer avec son temps, et c’est dangereux.

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