EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Quand la superstition nous conditionne – Edito 17/08/2017

Est-ce que ça vous est déjà arrivé de manquer de vous étouffer en plein repas parce que d’un coup vous avez sursauté en entendant votre mère gémir comme si elle s’était planté le couteau dans la main alors qu’en fait c’est juste parce que j’avais laissé la baguette de pain la croûte tournée sur la table. Moi si. La première fois quand vous êtes tout petit ça surprend, après vous finissez par vous y faire, vous ne le faites plus, là où on sent que quelque chose en vous s’est brisé c’est quand vous en êtes réduit des années après à pousser le même genre de gémissement à votre tour si vous voyez quelqu’un laisser le pain dans cet état sur la table, ou plus discrètement, sans rien dire, ressentir le besoin compulsif de le mettre dans la bonne position. Ce n’est pas que c’est très grave, mais ça vous montre comment la superstition finit par vous programmer. Car oui, c’est de ça dont il est question, laisser sa baguette à l’envers sur la table, il paraît que ça porte malheur. C’est censé attirer le diable, tout ça parce sous l’ancien régime le boulanger gardait le pain destiné au bourreau à l’envers.

Un autre grand moment de solitude fut celui où alors que j’étais avec ma tante préférée, lorsque a retenti le vacarme du tonnerre dehors, elle fut comme possédée par l’esprit saint et s’est mise spontanée à me réciter la litanie suivante non sans émotion dans la voix « Sainte Barbe, sainte Fleur, La couronne de Notre-Seigneur, Quand le tonnerre tombera, Sainte Barbe nous protègera ». Du coup je sais pas si la première fois j’ai pas eu plus peur de l’entendre dire ça plutôt que le bruit de l’orage. Mais bon, encore une fois je respecte.

Avouez-le nous sommes quand même en majorité conditionné par la superstition. Globalement on va se dire les choses on a quand même une vie de m… donc si en effet on pouvait éviter de se la pourrir davantage on va pas se priver. On vient de sortir avec difficulté d’une mauvaise passe et PAF on pète un miroir, 7 ans de malheur. Est-ce que c’est moins si c’est pas complètement brisé, avec qui on peut négocier ? Et quand vous passez sous une échelle sans faire exprès, vous aussi vous avez la boule au ventre à vous demander ce que va vous réserver la journée qui n’avait déjà pas bien commencé puisque je le rappelle au petit dej’ le pain était à l’envers, y’a eu l’orage et ça vous a fait cassé le miroir. C’est le pompon. Tiens ça c’était aussi le nom de mon chat … noir ? Il avait un peu de blanc ça compte pas.

En fait c’est pour ça que je vous parle de tout ça aujourd’hui, en ce jeudi 17 août c’est la journée internationale de valorisation du chat noir. Pour de vrai. Des millions de petites boules de poil ébène sont abandonnées à cause de nos croyances irraisonnées. Cessons de les faire payer et aimons les, MIAOU.

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