EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Quand les polynésiens apprennent la résilience – Edito 08/09/2020

Si le nombre de personnes infectées par le Covid-19 augmente inexorablement au quotidien dans des proportions qui ont évidemment tendance à inquiéter le grand public – puisque l’on a dépassé hier les 700 contaminations locales – il ne faut cependant jamais oublier de mettre cet indicateur en perspective avec le nombre de guérisons enregistrées. Aussi le fameux « carré épidémique », ce graphique qui est fourni par les autorités et ensuite largement relayé par les médias, s’avère-t-il anxiogène outre mesure par essence dans sa conception puisqu’il oblige ses lecteurs à procéder d’eux-mêmes à la soustraction sans réellement qu’ils y soient explicitement incités. C’est un peu donner le bâton pour se faire battre car l’on pourrait se dire que l’indicateur le plus pertinent à mettre en évidence serait celui des cas actifs en circulation. Dans une petite communauté comme la nôtre, présenter la vérité mais sous son jour le moins inquiétant pourrait avoir le potentiel de moins cristalliser les peurs très souvent irrationnelles qui s’illustrent sur les relais d’opinion.

Le mot résilience a selon les cas où il s’applique deux définitions différentes. En psychologie il s’agit de la capacité à surmonter les chocs traumatiques. Pour ce qui a trait à l’écologie, c’est la capacité d’une espèce à retrouver un état d’équilibre après un événement exceptionnel. Aujourd’hui la Polynésie est donc bien résiliente au titre de ces deux catégories. En effet, selon les déclarations des responsables des organisations patronales polynésiennes, au sortir de leur rendez-vous avec le gouvernement hier après-midi, l’on comprenait que les autorités, sans tomber dans le fatalisme, étaient en mode : « maintenant on est bien obligés de faire avec ». La stratégie qui se met en place tous azimuts aurait pour but de permettre à tout un Pays de faire face en équilibrant les réponses sanitaires et économiques face à une adversité imprévue.

« Tenir », c’est le verbe qui parait le plus approprié pour définir l’état d’esprit sous-jacent. Il nous faut continuer d’être informés et conscients du nombre de cas en circulation, et nous assurer avec sérieux et lucidité de l’intérêt capital de respecter les mesures barrières. Moins nous prenons le risque de nous contaminer les uns les autres, plus nous donnons toutes ses chances à notre hôpital de pouvoir accueillir avec sérénité ceux qui en auraient besoin sans risquer d’être surchargé. Au passage, je ne crois pas un seul instant qu’il soit réellement en discussion au sommet de tenter l’immunité collective comme cela a pu être le cas dans des pays nordiques. Au Fenua nous ne sommes pas suffisamment armés en terme de structures de soin pour prendre le risque d’être débordés.

Comme le disait hier soir avec beaucoup de pertinence Christophe Plée de la CGPME, le gouvernement parait être davantage dans une optique de sauver les meubles, de ne pas tout laisser s’écrouler, jusqu’à ce qu’un vaccin puisse être proposé. En attendant, c’est donc la responsabilité de tout le monde, dirigeants politiques comme simples citoyens, de tenir le coup ensemble, le plus unis possibles, sous peine de s’aventurer vers une résiliation anticipée de notre vie.

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