EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Quand l’hyperconnectivité nous déconnecte de notre humanité – Edito 29/01/2018

Je ne sais pas s’il y a en Polynésie plus de xénophobie ou de racisme qu’avant comme on me le dit, mais le fait est que les réseaux sociaux ont eu cette faculté de permettre à toutes et tous d’inonder les autres de leur point de vue. Ce qui n’est pas bon c’est lorsqu’une horde de gens qui ont la haine couplée à une défaillance de leur système de réflexion qui est totalement corrompu, ne trouve pas en face d’elle un nombre suffisant de contradicteurs.

Ces derniers existent pourtant puisque s’illustrent parfois quelques valeureux pourfendeurs du bon sens et de la morale qui tentent comme ils le peuvent de s’insurger contre la connerie, mais ils ne sont pas légion. Le réflexe de mise semble être celui du lâcher prise. Parce qu’on sent que tenter de raisonner autrui équivaudrait à pisser dans un violon, on s’abstient. C’est un très gros problème parce qu’en déclarant forfait avec autant de facilité on laisse le champ libre, y compris dans nos îles, à l’avènement d’une nouvelle ère de l’humanité. A force de laisser aux propos abscons, intolérants et viciés s’ériger en norme, c’est toutes les fondations de notre pacte social citoyen que nous reformatons.

En laissant ces fondations se faire tailler à la serpe de la colère et du rejet, fatalement, on les fragilise. Je crois qu’on ne soupçonne pas encore, et j’ai bien peur qu’on ne le réalise que trop tard : beaucoup de liberté non encadrée nuit à l’égalité et à la fraternité. Les réseaux dits « sociaux », s’avèrent devenir par leur manque de contrôle et l’impunité qui y est de mise, les chantres de l’antisocialité. Et je vous le signe aujourd’hui, cette nouvelle musique qui s’y écrit s’avérera être un sacré boucan à vos oreilles.

A force d’être confronté au quotidien avec peu ou pas de gardes fous au manque de recul, à l’intolérance, à l’invective facile, au rejet de l’autre à cause de ses origines ethniques, de ses croyances, de ses préférences sexuelles, etc., on conditionne les masses à faire de l’obscurantisme une norme et à s’y complaire. Le nouveau credo établi semble être : pour exister il faut râler et en rajouter. Ces outils technologiques qui ont pourtant le potentiel de nous éclairer en apportant la connaissance universelle à portée d’un clic, par l’irresponsabilité de leurs concepteurs et du manque d’anticipation de nos pouvoirs publics, contiennent les ferments toxiques de notre déshumanisation.

Aussi ne pas laisser s’y dire tout et n’importe quoi devient un enjeu capital pour chacun de nous s’il nous importe de ne pas nous laisser tirer vers le bas et nous perdre. C’est en se saisissant d’un sentiment de responsabilité collective qu’en attendant que des mesures d’encadrement sévères voient le jour, il nous faut réagir en ayant le courage d’apporter la contradiction à quiconque prône par fainéantise intellectuelle l’acide plutôt que le suave. A chaque poison il y a un antidote. Notre bon sens et notre bienveillance, à condition de s’en servir, sont de puissants remèdes face à une société qui perd ses repères.

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Journal de 7:30, le 29/01/2018

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