EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Quand on tire la chasse sur l’environnement – Edito 30/11/2020

Nombres d’inventions nippones notamment dans l’électronique sont depuis la fin des années 60 systématiquement précurseurs dans leur domaine, avant d’être adaptées voire copiées à travers le monde entier.

Si vendredi vous déambuliez à Papeete vous aurez remarqué que le Black Friday a été à l’origine d’une fréquentation record pour ces dernières semaines. Aussi était-il troublant où que vous portiez votre regard, de ne voir que le haut du visage des passants qui absolument tous arboraient un masque. Au pays du soleil-levant c’est pourtant le genre de chose qui est d’usage depuis des décennies. En tant que touriste chez eux, ce que vous pouviez considérer comme une excentricité de plus entre les courses de Mario Kart grandeur nature dans les rues de Shibuya ou les Otaku déguisés en Sailor Moon dans les rues de Hakihabara, mais il n’en était rien. Ils avaient en fait compris avant tout le monde, et avant quelques pandémies que ce soit, que le port du masque n’est pas juste un prétexte pour pouvoir tirer la tronche sans être jugé. Outre l’effet barrière contre la transmission de microbes ou de virus, c’est aussi une bonne chose pour amenuiser les effets de la pollution urbaine.

Mais il y a un autre domaine où les sujets de l’Empereur Naruhito excellent et innovent, et pour lequel nous ferions un bien fou à nous-mêmes et aussi à notre planète en en prenant de la graine. Je veux parler ici de leur conception d’une utilisation intelligente des toilettes. Ce sont 36 litres d’eau potable par jour et par personnes qui sont en moyenne utilisés et qui partent lorsque l’on tire la chasse. Par ailleurs, la frénésie mondiale d’achat de papier toilette lors du déclenchement du Grand Confinement en Mars dernier, qui a même conduit à des violences, doit aussi être un élément nous permettant de réaliser à quel point il n’est pas raisonnable dans ces proportions de gâcher autant de ressources naturelles pour qu’elles finissent dans les égouts. Ici aussi les chiffres font peur, il y a une dizaine d’années il fallait abattre environ 30 000 arbres par jour pour produire le papier toilette nécessaire, avec une production qui est largement allée crescendo depuis, au vu de l’augmentation de la population mondiale.

Et bien mieux que s’essuyer, au Japon on se nettoie. Leurs toilettes sont conçues non seulement pour consommer moins d’eau à chaque chasse tirée, mais en plus des buses s’occupent via des petits jets dirigés au bon endroit à rendre votre arrière-train propre comme un sou neuf et s’occupent même de le sécher avec un petit vent chaud. Même pas besoin de papier, ou si peu. Au début c’est surprenant, mais le gain en confort et en hygiène fait que rapidement on ne peut plus s’en passer. Une fois retourné dans votre pays ça vous fait la même impression que lorsque pour la première fois vous faisiez connaissance avec des WC à la turque … Au lieu d’œuvrer pour l’avènement d’un ère 2.0 de nos cabinets, avec tous les bienfaits que cela engendreraient, jusqu’à quand nos pays occidentalisés qui cherchent à se racheter une vertu environnementale, vont-ils préférer se faire harakiri ?

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