EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Quand par fidélité on défend l’indéfendable – Edito 05/10/2017

Comme tous les mardis je recevais dans A vous la parole Caroline Bonnard, notre psychologue clinicienne conseil. Cette fois-ci le thème était le suivant : « pour vivre heureux apprenons à ne pas juger ». J’ai beaucoup cogité suite à cette émission, en substance il faudrait apprendre à observer et réagir aux actions d’autrui avec bienveillance, dans le dialogue et l’échange, plutôt que de s’arc-bouter sur une position et émettre un jugement qui peut avoir valeur de traumatisme pour celui qui le reçoit. Vous êtes nombreux à être fidèles à cette collection spéciale d’émissions car il est toujours bon d’avoir quelques clés pour tenter de s’élever et tendre vers un idéal comportemental où l’humain retrouverait toute sa grandeur. Dans les faits, malheureusement, on ne peut tout simplement pas vivre non plus dans le monde merveilleux des bisounours.

En effet à partir du moment où exempt de toute névrose, par les conventions sociales, les bonnes mœurs, et surtout la loi on est susceptible d’identifier le bien et le mal, alors c’est aussi s’assumer en tant qu’espèce supérieurement intelligente que de savoir s’insurger et dénoncer ce qui doit l’être. Ainsi, ce que j’ai pu lire depuis 48h me fait froid dans le dos. Lorsque l’on serait confronté à une information corroborée et finalement avouée lors d’un interrogatoire par les autorités, on n’aurait pas le droit de juger les agissements d’un des plus gros trafiquant local de drogue dure de la décennie. Et il y a pire, comme il ne serait « pas le premier à avoir amené ça ici », n’obligeant personne à consommer il serait excusable, je cite même « il n’a pas piqué dans la bouche d’un gosse », fin de citation.

Toutes mes excuses à notre psychologue conseil, je vais assumer, mais s’il n’y a personne publiquement pour juger que nous avons à faire là avec un ramassis de conneries qui dénote d’un grave niveau de délabrement intellectuel et de perte de repères moraux, je ne sais pas qui le fera. Car non, même si c’est un pote à vous, et avant même de savoir s’il est effectivement coupable et condamné, il n’est pas envisageable sur le principe de prendre les devants et le défendre en vous reniant en tant qu’humain. Personne n’est jamais ni tout blanc ni tout noir certes, toutefois tenter de minimiser l’importation potentielle si elle est avérée de 21kg de poison qui plonge notre jeunesse dans un enfer – et pas que la jeunesse dorée – en lui trouvant des excuses qui sonnent creux, ce n’est pas l’aider. J’ai lu aussi « et si c’était un ami ou un proche à vous vous ne feriez pas la même chose ?», non, car en tentant de défendre l’indéfendable par l’absurde, on participe à notre manière à tolérer un trafic qui pourrit notre société. Quand certains confondent tout en mêlant le religieux, en le bénissant en lieu et place d’un prêtre ou d’un diacre, en oubliant que c’est d’abord par la contrition que l’on obtient le pardon divin que personne d’autre ne peut donner, on se dit qu’il est bon en effet qu’avant la justice d’en haut, celle des hommes s’exprime.

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8 Commentaires

  1. Noa
    5 octobre 2017 à 18h15 — Répondre

    Je ne suis pas super fidèle de tes éditos Alexandre mais celui là, je le soutiendrais jusqu’en Enfer, du vrai du vrai du vrai. Dire ce que la population penses réellement, sur cette drogue surtout, c’est la laisser souffler et l’encourager à penser d’elle même, BRAVO! Merci pour nous et nos enfants après nous mon ami.

  2. 6 octobre 2017 à 6h00 — Répondre

    Très beau commentaire monsieur Taliercio. Je suis entièrement d’accord avec vous. L’absence de conscience devient un fléau récurrent, je ne sais pas ce qui se passe présentement en Polynésie!? Mais visiblement, c’est devenu un lieu de prédilection pour le trafic des drogues dures et cela me désole pour le fenua et les îliens…

  3. Teiva 33
    6 octobre 2017 à 7h41 — Répondre

    Entièrement d’accord avec Alexandre !!! Je suis atterré par les commentaires de certains « amis » ou « familles » de ce(s) c.nnard(s) de m.rdes de ch.ures d’être humain !!! Mais quand j’ai quelqu’un de ma famille qui fait ce genre d’abomination, je me dois au moins de fermer ma gueule et de ne pas chercher à défendre l’indéfendable !!! Mais, à ce moment là, justifiez le meurtre, le viol de femmes, de jeunes filles, d’enfants pendant que vous y êtes !!!! C’est vraiment du n’importe quoi, du grand n’importe quoi !!!
    Ces c…. n’ont n’en rien à faire de la vie des autres, c’est de leur poire qu’ils se soucient et de leur bien être en allant jusqu’à donner la mort aux autres !!!
    Ils méritent la peine de mort !!! si elle existait encore !!!

  4. Chantal
    6 octobre 2017 à 8h43 — Répondre

    Bonjour M. Taliercio,

    J’ai entendu une partie de cette émission et ai eu du mal à adhérer totalement aux explications de la psychologue. Certes faire preuve de bienveillance fait du bien, mais devons-nous pour autant renier ou perdre nos capacité de jugement et tout sens critique simplement pour être dans « l’air du temps ».
    Bravo pour votre commentaire qui a le mérite d’être simple, clair et juste de bon sens.
    Par vos chroniques vous contribuez à montrer une autre voie (voix) faite de discernement et de beaucoup d’amour, quoiqu’on en dise.
    Merci.

  5. Ocm
    6 octobre 2017 à 9h51 — Répondre

    Tout à faire d’accord avec votre édito…Et maintenant quel serait votre édito concernant les commanditaires???? Ces personnages donc on murmure les noms, soyez aussi incisifs cher monsieur avec ceux là.

    • 6 octobre 2017 à 9h52 — Répondre

      Les murmures ne sont pas arrivés jusqu’à moi et je ne fonde pas un édito sur ça ou des rumeurs. Ici il y a eu arrestation, aveux … Il faudra donc patienter.

  6. Ocm
    6 octobre 2017 à 10h22 — Répondre

    Ou alors enquêter….

  7. simone grand
    6 octobre 2017 à 16h37 — Répondre

    merci Alexandre. La bienveillance doit s’exercer vis-à-vis des victimes et non des bourreaux.

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