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Quand tout le monde veut distribuer des étoiles – Edito 20/01/2020

Il y a quelques mois j’ai vu se régler des comptes violemment sur les réseaux sociaux en raison de mauvaises expériences vécues dans un restaurant. C’était même allé jusqu’aux poings. Normalement ce genre d’histoire, ailleurs, ça ne casse pas trois pattes à un canard mais tout prend une ampleur démesurée et déraisonnable à notre échelle tant les polynésiens sont devenus des accros à Facebook.

J’ai déjà eu l’occasion ici de relever le danger que représentait le fait de régler ses comptes par voie numérique. Un commerce n’a pas nécessairement les mêmes chances que l’auteur des critiques initiales de voir sa réponse connaître une équivalente viralité de diffusion.

Est-ce à dire que dans une Polynésie bienveillante idéale il ne faudrait rien écrire, ne pas se plaindre publiquement ? Evidemment que non mais encore faut-il le faire au bon endroit et pas pour rien.

Trip advisor ou Yelp sont des sites qui mériteraient que les locaux que nous sommes étoffent les notations et commentaires sur les établissements du Fenua. Il n’est pas exclu non plus qu’un jour une version 100% polynésienne d’un équivalent voit le jour. Est-ce à dire que tous les moyens sont bons pour laisser s’exprimer le client, ce dernier est-il bien le Roi ?

Cette expression m’agace car à mon sens le client n’a ni à être perçu ni à être traité en monarque absolu, en divinité vivante à qui aucun compte ne doit être demandé et à qui tout est permis. C’est un petit peu plus subtil que ça. Pas la peine de se réfugier derrière cette expression désuète qui semble faire du bien quand elle est assénée pour se justifier de son bon droit, il y a bien plus simple.

Vous payez pour de la nourriture et du service, aussi, si vous estimez objectivement que ce que l’on vous demande de payer en échange ne le vaut pas car vous rencontrez des anomalies flagrantes, vous êtes en droit de demander des comptes.  Mais faites-le sur le moment, réglez les choses, ne vous contentez pas de vous épancher sur les réseaux sociaux après coup. Car franchement tout ne mérite pas d’être étalé, c’est monter en épingle ce qui n’a pas à l’être et prendre le risque de passer pour un nigaud.

Notons néanmoins que cette peur de la délation numérique systématique à ça de bon qu’elle en forcera peut-être certains à faire des efforts. On voit encore trop souvent des restos qui campant fièrement devant tel ou tel monopole qu’ils ont su instaurer sont incapables de se remettre en question et d’évoluer ne serait ce qu’en copiant ce qui se fait et marche ailleurs, notamment en termes de service. Mais voilà on prend quand même le risque que le plat bonus au menu, soit la soupe à la grimace.

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Journal de 7:30, le 20/01/2020

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