EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Quand un protectionnisme outrancier nous empêche d’acheter ce que l’on veut ! – Edito 13/09/2016

J’ai appris hier que des gens bien de chez nous se lançaient dans la production de champignons, 12 variétés différentes pour être précis qu’on avait l’habitude d’importer. Pourquoi pas mais … à condition que ce soit au moins compétitif au niveau du prix avec ce qui venait d’ailleurs et qu’on en produise suffisamment si on arrête les importations. Car il y a depuis quelques temps déjà au plan politique dans ce pays un protectionnisme exacerbé qui a de plus en plus tendance à priver le consommateur local de certaines denrées.

Combien de fois ça vous est arrivé de ne pas pouvoir acheter de tomates car il n’y en avait plus pendant des semaines, que celles qui étaient mises à la vente avaient une mine épouvantable et ne ressemblaient pas à grand chose ? Et le mois dernier, je décide de manger à la va vite tout en essayant de ne pas tomber dans la junk food, je me dis que le compromis c’est un sachet de Caesar Salade importé à mélanger moi-même. Et là devant le rayon un écriteau qui m’apprend que les quotas d’importation ont été fortement réduits par la Conférence Agricole.

J’ai eu quelques indiscrétions, il paraît que les stocks locaux débordaient, et il fallait les écouler. Le souci c’est que cette fameuse Conférence Agricole ne se réunit qu’une fois par mois, et qu’en une semaine les stocks de salades locales étaient épuisés et que depuis, bah rien, on fait avec ce qui reste, c’est à dire pas grand chose. Sauf qu’on a empêché d’importer de la salade Romaine – c’est le nom de la variété – alors qu’ici personne n’en produit. C’est énorme. Et pareil pour la « Iceberg », etc.

Et la charcuterie importée si on en parlait ? Jambon de Bayonne, d’Aoste, Serrano, une fois de temps en temps on a le droit de se faire plaisir et bien depuis mars c’est un vieux souvenir. Pour lutter de manière zélée contre un parasite qui s’appelle la trichine on impose des mesures sanitaires absolument drastiques à l’importation qu’aucun, je dis bien qu’aucun producteur français ne propose. Résultat, on prive toute une population d’avoir le choix. Comme si le péril était immédiat pour nous mais pas pour 66 millions de consommateurs hexagonaux. Là on frise le ridicule.

Ah, j’oubliais les crevettes. Pareil, depuis mars aussi, même pour des variétés qui ne sont pas produites chez nous et qui ne sont même pas répertoriées dans les textes locaux on bloque pourtant leur importation, donc ici aussi pénurie.

Alors oui pour protéger les producteurs locaux mais pas à n’importe quel prix, pas en nous privant d’avoir le choix, pas en décidant pour nous de ce qu’on a le droit de manger ou pas, et quand ; pas en nous faisant nous sentir dans un supermarché de Corée du Nord où c’est le politique qui décide de ce qu’on peut mettre dans notre chariot en dépit du bon sens.

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16 Commentaires

  1. Georgy
    13 septembre 2016 à 15h07 — Répondre

    Le protectionnisme polynésien, illustré notamment par la Taxe de (sous-) Développement Local (TDL), est le témoignage de l’arriération des responsables politiques de notre économie, alors que le Monde est entré résolument dans le 21ème siècle, avec l’ouverture économique, l’ambition dans la concurrence et la compétition. Exemples: la Nouvelle Zélande, Fiji, etc… On empêche les consommateurs polynésiens (et nos quelques touristes) d’accéder à prix honnête à une diversité de produits sains, à un libre choix, pour protéger une clientèle électorale et… financière. « Tu me protèges, je te finance » (Système Haddad) ! On taxe à fond des produits importés de qualité, pour protéger des produits « locaux » pas toujours attrayants -parfois de vrais poisons-, parce qu’ils sont produits par des « copains ». Local= »copain ». Vivement une vaste « opération mains propres » pour purger ce pays de la corruption, du clientélisme, qui affligent la population et jettent notre pays dans le caniveau ! Merci Alexandre Taliercio, vous témoignez qu’il reste un peu de liberté de la presse et d’esprit critique…

  2. Otomimi Catherine
    13 septembre 2016 à 16h09 — Répondre

    bravo car à par vous, personne de l’ouvre

  3. Chailloux
    13 septembre 2016 à 16h46 — Répondre

    Oui, j’ai voulu acheter des crevettes locales dernièrement, elles étaient autour de 2600F le kilo, et là, c’est 3300F. Ceci explique cela. Je n’ai pas pris!

  4. tifrere
    13 septembre 2016 à 19h07 — Répondre

    Bravo Alexandre, tout à fait vrai ce que tu dénonces. Des carottes merdiques de Tubuai à près de 250 F le kilo alors que celui importé de NZ coûte à peine 80 FCP, la noix de coco sec (opa’a) qui augmente de 2 F tous les semaines, le thon qui est au même prix que le caviar et j’en passe. L’huile de coco pur d’Inde à 2095 FCP le litre et le même produit localement à 4450 F les 50 cls. Il faut arrêter de prendre les consommateurs pour des cons. Bravo Alexandre et vas y, il y a d’autres secteurs qu’il faut dénoncer, quitte à ouvrir une rubrique spéciale à l’intérieur de ton émission, il y a matière…..

  5. 13 septembre 2016 à 19h22 — Répondre

    Il s’agit bien là d’un comportement inadmissible!Cette fâcheuse pratique se généralise et amplifie,au mépris du consommateur qui n’a droit à aucune considération.Gageons toutefois que que la mauvaise humeur ainsi générée finira rapidement par exploser…attention au retour du bâton !!!

  6. MDR
    13 septembre 2016 à 20h26 — Répondre

    A quand une vraie association de consommateurs, capable d’agir en justice?

  7. 14 septembre 2016 à 7h21 — Répondre

    Je suis absolument d’accord ! on se plaint qu’il y a beaucoup d’obèses, mais quand on voit le prix des légumes et surtout leur qualité ,rien d’étonnant !.On empêche l’importation du miel,résultat on ne peux plus en manger,vu le prix du litre et une seule variété.Pourtant c’est un véritable médicament ,un miel de thym par exemple peux désinfecter des bronches ,une gorge irritée ,ici on en produit pas !Je suis végétarienne et j’ai beaucoup de mal de me nourrir ,je ne trouve rien de sain!

  8. Vai
    14 septembre 2016 à 14h31 — Répondre

    Le problème vient bien bien des consommateurs.
    Il en faut toujours plus, toujours plus au lieu de se contenter de ce qu’il y a.
    Et pour soutenir qui? Surtout pas le marché local mais bien les grandes multinationales avec des produits dont nous n’avons pas besoin.
    Pour manger « ce qu’on veut » qu’elle belle attitude d’enfant capricieux.
    Bravo monsieur talercio vous avez l’art d’entretenir les râleries inutiles.
    Oui les champignons coûteront plus cher et on ne pourra pas s’en acheter tous les jours et alors? C’est à ce moment là qu’on apprécie vraiment ce que l’on a et que l’on est reconnaissant.
    Je dis stop à la consommation par plaisir égoïste.
    Nous voulons améliorer la qualité de nos produits? faisons le en apportant du soutien et des aides à nos agriculteurs.
    ET SOYONS HEUREUX AVEV CE QUE L’ON A!!

    • 14 septembre 2016 à 14h35 — Répondre

      Faut croire, vu le succès de cet édito, qu’on est quelques égoistes qui ne nous satisfaisons pas que l’on nous impose ce que nous pouvons acheter ou pas. Oui à la solidarité, non au communisme dans mon supermarché et mon assiette.

    • stmauricesurhuisne
      14 septembre 2016 à 22h11 — Répondre

      tout à fait d’accord, apprenons a être heureux avec ce que l’on a….et l’économie locale et la planéte s’en porteront que mieux! Arrêtons d’engraisser les multinationales.

  9. Olive
    14 septembre 2016 à 14h42 — Répondre

    Quid des saucisses type Knaky??! Disparues!!!! Pas de produit de substitution! Vive les petits arrangements entre amis!!!

    • stmauricesurhuisne
      14 septembre 2016 à 22h12 — Répondre

      et alors, regarder la listes des ingrédients de ces soit-disant saucisses, que du déchet et du chimique! leur absence est un bienfait pour votre santé.

  10. BUCHER
    14 septembre 2016 à 16h32 — Répondre

    Je pense aux familles modestes qui si elle veulent manger certains légumes payent le prix fort. L’agriculture fait vivre quelques familles mais pas si nombreuses. Les prix lorsqu’ils proviennent de marchés protégés deviennent prohibitifs. Si les salades ne se vendent pas se poser alors la question: ne sont elles tout simplement pas trop chères? Les grossistes aussi sont pathétiques ils insiste pour acheter des tomates de m….de sans gout, ne serait ce pas pour faire plus de marge sur des produits uniques et dégueu. En fait ils font ce qu’ils veulent parce-que personne ne râle. Tu as raison Alexandre tout simplement raison. ( pate feuilletée congelée à 600 fcp, LIDLE en métro un euro, et c’est par containers l’avion a bon dos….et j’en passe….)

  11. stmauricesurhuisne
    14 septembre 2016 à 22h29 — Répondre

    pas difficile de faire une petite pate feuilletée avec de la farine, du beurre et de l’eau?? en plus c’est bien meilleur 😉

    Contentons-nous de ce que l’on a! mangeons local et de saison pour le bien de la planète, sa santé et de l’économie locale.

  12. Favre
    15 septembre 2016 à 6h19 — Répondre

    à quand une commission digne de ce nom pour contrôler les produits locaux bourrés de pesticides?
    Alors , oui, nous consommerons « LOCAL »

  13. DOMMAGE!!!!
    15 septembre 2016 à 9h59 — Répondre

    Protéger le marché local, certes, à condition que les produits soient de qualité et que les agriculteurs produisent suffisamment sinon il en résulte une pénurie que l’on constate tous les jours!!Comme d’habitude on met la charrue avant les boeufs…on retire du marché les fruits ou légumes avant d’avoir les produits locaux….comme me disait une employée de supermarché récemment devant le manque de miel, on en importe pas car on ‘attend’ le miel local….on attend encore et toujours…..tout marche à l’envers dans ce pays….

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