EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Record du monde de bonne humeur au mètre carré battu ! – Edito 26/02/2018

Le record du monde du plus grand rassemblement de joueurs de Ukulele n’a pas été battu, mais vous savez quoi ? Ce n’est pas bien grave en fait. Le sentiment général qui prévaut suite à cet événement organisé samedi au Stade Pater et qui a malgré tout rassemblé plus de 6300 personnes, c’est de se dire que malgré tout c’était beau. Beau, au-delà de l’esthétique. Car si en effet visuellement les couleurs portées par les participants étaient chatoyantes, elles y avaient toutes droit de cité. Te anuanua, l’arc en ciel, que vous préfériez le bleu, le rouge, le orange, le rose, le violet, vous étiez les bienvenus, quelle que soit votre origine ethnique. Car au-delà de l’apparente futilité du motif de cette manifestation, si vous parveniez à alléger un peu votre cœur de la frustration ambiante du quotidien, vous aviez le moyen d’y déceler du sens.

Car on peut toujours justifier d’un meilleur emploi de telle ou telle somme d’argent, du potentiel humain et du temps consacré, car d’autres défis répondant à une problématique bien plus terre à terre mériteraient aussi de l’attention, mais à un moment donné, il faut savoir choisir et assumer. C’est ce qu’ont fait les organisateurs, les autorités, les différents partis politiques, toutes les forces vives. Tous se sont fédérés pour que l’on puisse voir derrière le voile de paillettes. Des milliers de personnes, qui n’avaient rien de matériel à gagner, se sont mobilisés juste pour le plaisir de faire parler de notre Fenua et contribuer à le faire briller.

Ils avaient tout compris. En effet, si nous continuons à vouloir nous enfermer dans une bulle de morosité par principe car nous devrions d’abord penser à régler tous les maux de la société avant de festoyer, nous renierions en fait l’âme de notre Pays. Celle qui prévaut tous les week-ends quand il s’agit de mettre les peapea de côté, pour bringuer. Ce n’est pas pratiquer la politique de l’autruche, c’est au contraire se rappeler que l’on est vivants et que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Ah, ça peut paraître naïf bien sûr, mais savoir s’abandonner à la liesse c’est en fait apprendre à diluer ses angoisses dans le collectif et à se servir du sourire de l’autre comme d’une béquille pour retrouver la force d’avancer.

La frontière entre l’utilité publique, le populisme et la démagogie est à la fois fine et floue. Mais elle existe avant tout dans les yeux de celui qui veut bien la percevoir. Je reste convaincu que parfois le « lâcher prise » intellectuel est vital au lieu de systématiquement vouloir chercher un sens caché opportuniste à telle ou telle action. C’est évidemment difficile de pouvoir contenter tout le monde, là où une majorité entendait de la musique, des rires et des chants, d’autres y décelaient du bruit. A ceux-là, j’aimerais dire qu’en tout cas, ce n’était pas beaucoup de bruit pour rien.

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