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Réouverture : les enfants dispensés de motifs impérieux, mais pas de quarantaine

Lors d’une conférence de presse commune, Dominique Sorain et Édouard Fritch ont précisé les conditions de la réouverture partielle des vols avec la métropole. Beaucoup de questions restent encore en suspens.

Exercice difficile, ce matin, pour le haut-commissaire Dominique Sorain, chargé d’expliquer et de préciser l’annonce de Paris sur la réouverture des frontières. Une annonce qui avait beaucoup surpris (lire plus bas), et soulevé de nombreuses questions. Toutes n’ont pas trouvé de réponse ce matin, et ne devraient pas en trouver avant plusieurs jours. La traduction réglementaire de cette réouverture attend en effet l’adoption, au niveau national, d’un nouveau cadre législatif de gestion de la crise sanitaire. Le projet, en pleine navette parlementaire, est prévu pour une application au 2 juin, soit une semaine avant la levée des motifs impérieux annoncée par le ministère des Outre-mer. Au 9 juin, comme l’a confirmé ce matin le haussaire, seules les personnes vaccinées pourront voyager entre Paris et Tahiti sans avoir à justifier d’un motif impérieux. Les voyageurs immunisés suite à une contamination mais non vaccinés (les autorités recommandent d’ailleurs d’attendre 3 à 6 mois avant de recevoir une injection) bénéficieront-ils du même traitement de faveur ? La question est « pertinente » juge Dominique Sorain, mais elle n’est « pas définitivement tranchée ». Des « arbitrages sont en cours au niveau central qui feront l’objet d’une communication ultérieure immédiate avec le Pays » ajoute le représentant de l’État.

Le protocole sanitaire inchangé

Mais pour les professionnels du tourisme en attente de clients européens ou les résidents polynésiens en attente de vacances en métropole, c’est surtout la question des enfants qui soulève des inquiétudes. Suivant la règle édictée par le ministère des Outre-mer, seule la vaccination permet de lever l’obligation de motifs impérieux. Or les moins de 18 ans ne peuvent pas être vaccinés en métropole, et la Polynésie n’autorise la vaccination qu’à partir de 16 ans avec le vaccin Pfizer. L’État a semble-t-il décidé de lever cet obstacle : « Un mineur ne peut être séparé de son responsable légal et en tout logique, la dispense de motif impérieux applicable à un majeur vacciné devrait vraisemblablement entraîner le déplacement lié du mineur » qu’il accompagne, a ainsi expliqué le haut-commissaire. Pas de motifs impérieux nécessaires donc, mais cette question est distincte de celle du protocole sanitaire mis en place par le Pays à l’entrée en Polynésie. Celui-ci impose une quarantaine à tous les non-vaccinés et non-immunisés de plus de 6 ans. Et Édouard Fritch, qui dit avoir été marqué par le cluster de contamination Covid dans une école d’Afareaitu la semaine dernière, a confirmé que cette réglementation ne « changera pas ».

Une famille avec enfants pourra donc librement prendre l’avion pour la métropole si les parents sont vaccinés ou disposent d’un motif impérieux valable. À leur retour en revanche, les enfants devront effectuer une quarantaine avec au moins un de leurs représentants légaux, à domicile (si cette possibilité est validée par les autorités) ou en site dédié.

Les certificats papier en attendant le pass sanitaire

Enfin, beaucoup d’interrogations portent sur le contrôle de la vaccination lors de ces vols. Là encore, les réponses devraient être apportées le 2 juin avec le nouveau cadre législatif. « La rédaction du projet de loi, telle que connue à ce stade du processus législatif, permet de penser que le contrôle sera confié aux compagnies aériennes », précise Dominique Sorain. Les documents seraient tout de même vérifiés par les autorités à l’arrivée. Quant à la preuve à apporter, le certificat de vaccination polynésien et les équivalents proposés en métropole devraient suffire dans un premier temps. Mais « des discussions sont activement conduites pour conduire à la mise en place d’un dispositif partagé » pour fluidifier les déplacements. Et c’est alors le dispositif de pass sanitaire européen, et son fameux QR code, dont la mise en place est prévue au 1er juillet, qui pourrait être utilisé.

Le dispositif permettra-t-il d’éviter une nouvelle flambée épidémique au fenua ? Les deux responsables, en tout cas, veulent y croire. « Depuis le 2 mai, nous avons enregistré plus de 1 500 touristes américains et zéro cas positif, rappelle Édouard Fritch. Les voix opposées à l’ouverture de nos frontières nous alertaient sur les risques sanitaires importants auxquels notre pays serait exposé par la venue de personnes de l’extérieur. Or, force est de constater qu’après trois semaines d’ouverture, il n’y a eu aucune explosion des cas variants d’origine extérieure ».

Dominique Sorain, lui, a pris soin de préciser que les fonctionnaires attendus au fenua dans ces prochains mois ne seraient en aucun cas traités différemment des autres voyageurs, et même soumis à « des contraintes supérieures » ; ainsi, une consigne de vaccination aurait notamment été donnée pour les gendarmes affectés en Outre-mer.

Quant à la réouverture totale des frontières, elle n’est pas encore d’actualité. Les 70% de vaccinés « dans la population cible » – soit, d’après le ministère de la Santé, les plus de 16 ans à Tahiti et Moorea) restent un objectif – et les autorités appellent encore une fois à s’orienter vers les centres. Le haut-commissaire a précisé que les dispositifs actuels de soutien de l’État à l’activité économique, chiffrés pour le moment à « environ 14 milliards » prendraient fin en juillet. « Il y aura un dispositif de sortie vers un arrêt total » précise Dominique Sorain.

« Volte-face » : le haussaire vole au secours du ministre

Dominique Sorain a aussi tenté, dès l’introduction de son allocution, d’arrondir la communication plutôt abrupte de Paris sur l’ouverture des frontières. Mission difficile, vue la surprise créée, la semaine dernière, par l’annonce de la levée partielle des motifs impérieux par le ministère des Outre-mer. Une décision qui semblait aller directement à l’encontre du discours de Sébastien Lecornu, prodigué de façon insistante lors de sa visite, terminée quatre jours plus tôt. Le ministre avait clairement affirmé, de sa sortie de l’avion jusqu’à son départ, que la Polynésie ne se rouvrirait qu’une fois une « protection satisfaisante », évaluée à « 75-80%« , puis à 70% de vaccinés dans la population, serait atteinte. Mais « il ne s’agit pas d’un volte-face » a assuré le Haussaire ce matin. 

Les « 70% de vaccinés » restent « un objectif d’actualité », et conditionneraient toujours « la réouverture totale » des frontières. La « réouverture partielle » de ce 9 juin – une distinction que Sébastien Lecornu n’a pas jugé utile de faire lors de son déplacement au fenua – serait un « allègement » décidé au vu de l’évolution sanitaire en métropole, de l’accélération de la vaccination en France,  et dans la perspective du changement de réglementation nationale, qui ouvre la voie à une distinction entre passagers sur le critère de la vaccination. Difficile de croire que le ministre n’avait pas envisagé ces évolutions quelques jours plus tôt. Édouard Fritch, lui, estime que ses échanges avec le ministre, et la visite polynésienne, ont joué sur « l’évolution de la perception de nos réalités sanitaires ». Même si la décision parisienne concerne l’ensemble de l’Outre-mer.

 

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1 Commentaire

  1. Gaston
    26 mai 2021 à 6h56 — Répondre

    J’espère qu’il va y avoir une pétition pour les enfants .Ce Frich qu’elle ? Vivement que tous ses gens quittent le gouvernent .C’est une histoire de faire payer les gens qui voyages, pas forcement
    pour les vacances .Mettre un enfant 10 jours dans un hôtel avec un parent vacciné ils veulent faire payer les gens pour faire marcher hôtellerie surtout qu’il n’y a pas de vaccin pour les petits de 6 ans .Moi j’ai eu le covid ma fille était la ,elle ne la jamais attrapé c’est .Ah pour faire des abus de bien sociaux ils sont fort et ont ne leur dit rien .Vous donnez l’indépendance a ce genre de dirigeant
    c’est la république bananière

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