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Commerces, bureaux, parking : le Royal Papeete Center s’offre 20 000 m2 face à la gare maritime

©Bertrand Portier

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Le complexe, lauréat d’un appel à projet du Pays, doit sortir de terre d’ici 2029 sur le site de l’ancien hôtel Royal Papeete, abritant aujourd’hui un parking et un immeuble délabré. Imagine Promotion et l’agence d’architecture Bertrand Portier vont y faire construire, pour 5 milliards de francs et sur 7 niveaux, plus de 7 500 m2 de commerces et restaurants reliés à la gare maritime par une passerelle, plusieurs niveaux de bureaux, un « pôle culturel » abritant galeries et salle de spectacle ainsi qu’un parking de 200 places. C’est la première de quatre opérations visant à confier au privé, sous baux de 99 ans, 2 hectares de foncier public pour redynamiser Papeete.

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Il y avait le Vaima, il y aura le Royal Papeete Center. Ce complexe commercial doit sortir de terre en face de la gare maritime de Papeete, sur le terrain de l’ancien Royal Papeete, détruit en 2015 et aujourd’hui remplacé un parking, et côté montagne, par le vieil immeuble Farnham. Deux parcelles, 3600 mètres carrés au sol, et un appel à projets du Pays lancé en juin 2024. Le lauréat a été annoncé ce mardi, au lendemain de la signature d’une promesse de bail à construire de 99 ans : il s’agit de la société Virgin Moana, constituée par Imagine Promotion et l’architecte Bertrand Portier, et qui aurait apporté les meilleurs garanties de financement, les meilleures qualités architecturales, et la meilleure redevance pour le Pays, qui n’a pas communiqué sur le niveau de ces loyers.

Galerie commerciale, pôle culturel et parking silo

Le groupement a ainsi proposé de construire, sur sept niveaux, un complexe aux façades boisées, qui rassemblera 7 500 carrés de restaurants et de commerces, un pôle culturel avec des galeries et une salle de spectacle de 450 places, plusieurs étages de bureaux et surtout 200 places de parking en silo (par opposition aux parkings sous-terrains), promis par le gouvernement avec la suppression annoncée de la zone de stationnement actuelle de la gare maritime et l’extension de la place Vaiete. Au total ce sont 20 000 mètres carrés de surface au sol qui seront construits – ou rénovés pour ce qui est de l’immeuble Farnham – d’ici 2029, pour 5 milliards de francs d’investissements… exclusivement privés. « Le Pays met à disposition sous forme de location un foncier public, sur lequel le porteur de projet investit. Cela permet de mobiliser des capitaux privés pour développer la capitale et donc stimuler l’économie locale sans impacter la dette publique, décrit le ministre des Grands Travaux Jordy Chan. On veut réserver les fonds publics pour l’investissement sur d’autres projet prioritaires comme les voies réservées aux bus ou la décentralisation de l’activité en dehors de Papeete ». 

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Le Pays devra tout de même construire à ses frais une passerelle qui reliera ce futur complexe à la gare maritime, qui doit être elle même reliée à la future place Vaiete agrandie et rénovée. La société Virgin Moana, qui a laissé la primeur de la communication au gouvernement après la signature de la promesse de bail en ce début de semaine, mène des études complémentaires sur son projet, qui est encore modulable, en fonction de la demande et des contacts avec les professionnels, sur ses espaces et capacités.

Car une bonne partie du complexe, qui inclura le bâtiment existant de Farnham une fois rénové, sera vendu en état futur d’achèvement (Vefa) à partir du début d’année prochaine, ce qui correspond à la période de dépôt du permis de construire. Les travaux, eux, s’étendront entre fin 2026 et mi 2029, pour une livraison prévue dans quatre ans. Le Royal Papeete Center devrait permettre, d’après ses promoteurs, la création de 180 emplois.

©Bertrand Portier

Trois autres terrains publics et 25 milliards d’investissement privé au total

Dans le même temps, le Pays compte faire avancer d’autres projets de complexe privés dans le cadre de son plan de redynamisation du centre ville, avec un appel à candidatures déjà lancé sur l’ancien parking Pitate sur le front de mer, deux autres en préparation concernant l’ancien bâtiment du gouvernement sur l’avenue Pouvanaa – la procédure doit être lancé début 2026), et le site de l’ex-TNAD à Paofai, entre la direction de la Santé et le Musée de la Perles (appel à projets début 2027). Au total, ce sont 20 000 mètres carrés de foncier public qui doivent être loués au privé pour un siècle, 25 milliards d’investissement privés qui doivent être engrangés… et beaucoup de places pour de nouveaux commerces et bureaux qui doivent être créés en plein Papeete.

Ces plans sont-ils réellement cohérents avec la volonté de décentralisation affichée par le gouvernement ? Oui, répond le ministre des Grands Travaux, qui rappelle que le projet de décentralisation de l’administration, s’il doit emporter avec lui de l’activité privée vers la Presqu’île, vise à « rééquilibrer » la géographie économique de Tahiti, mais en aucun cas de l’inverser. « Le port de commerce reste à Papeete, l’aéroport international de Tahiti-Faa’a, vraisemblablement, en tout cas dans un futur prévisible il reste dans la commune, et donc on a ces poumons économiques qui drainent de l’activité autour, précise Jordy Chan. Donc la spécialisation de cette agglomération sur une fonction économique fait vraiment sens ».

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Le ministre, très présent médiatiquement ces dernières semaines, et qui devrait continuer à l’être du fait des grands projets du port ou des travaux à venir en matière de transports et mobilité, précise aussi que les appels déjà lancés ont attiré des investisseurs. Quatre projets étaient sur les rangs avant le choix de ce Royal Papeete Center. « Et il y a une demande permanente, complète le ministre, à la fois par les entrepreneurs qui cherchent des locaux pour se lancer, des demandes en termes de bureaux par toutes les sociétés qui fournissent des prestations de service, une demande en logement aussi qui sont une destination possibles de ces appels à projets et qui permettent aussi de redynamiser la capitale, puisque ça permet d’y attirer de l’activité nocturne ».