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Santos: l'accord de paix en Colombie est un modèle pour le monde

Oslo (AFP) – En recevant le Nobel de la paix samedi, le président colombien Juan Manuel Santos a estimé que l’accord de paix dans son pays pouvait servir de modèle à des États en guerre comme la Syrie.

Le texte signé avec la rébellion marxiste des Farc après plus d’un demi-siècle de violences est « un accord qui peut faire office de modèle pour la résolution des conflits armés restant à résoudre à travers le monde », a dit le président Santos dans son discours d’acceptation du Nobel. 

« Il prouve que ce qui, au premier abord, semble impossible peut, avec de la persévérance, devenir possible même en Syrie, au Yémen ou au Soudan du Sud », a-t-il ajouté.

Après un faux départ dû au rejet par la population d’un premier texte lors d’un référendum début octobre, le gouvernement de M. Santos et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont signé le 24 novembre un accord visant à refermer un conflit qui a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

Modifié pour y intégrer des propositions de l’opposition, le nouveau document prévoit –comme le précédent– le désarmement des Farc et leur transformation en mouvement politique.

« Avec cet accord, nous pouvons dire que le continent américain, de l’Alaska à la Patagonie, est une terre en paix », a affirmé le président colombien dans l’Hôtel de Ville d’Oslo, paré pour l’occasion de compositions florales à base de roses et d’oeillets importés de Colombie.

– Le plus dur est à venir –

Dans un discours très applaudi, M. Santos a notamment rendu hommage aux victimes du conflit à qui il a déjà promis de reverser les 8 millions de couronnes suédoises (environ 824.000 euros) du Nobel.

Parmi les invités de marque à la cérémonie figuraient deux célèbres ex-otages des Farc, la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et la Colombienne Clara Rojas, et l’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger, lui-même lauréat –très controversé– du prix de la paix.

Lors d’un entretien accordé quelques heures plus tôt à l’AFP, M. Santos a souligné que le plus dur était à venir.

La période qui s’ouvre « est une étape plus difficile que le processus (de négociations) lui-même, qui nécessite beaucoup d’efforts, de persévérance et d’humilité », a-t-il dit. Il y aura besoin « aussi de gros efforts de coordination au sein de tout l’État pour apporter les bénéfices de la paix aux régions qui ont le plus souffert du conflit », a-t-il ajouté.

Avant que la Colombie ne connaisse une paix totale, il faudra également qu’une autre guérilla, l’Armée de libération nationale (ELN, guévariste), dise elle aussi adieu aux armes.

M. Santos a dit ne pouvoir s’engager sur les chances de conclure la paix avec l’ELN avant de quitter le pouvoir en 2018.

« Je ne peux garantir que l’on conclura avant la fin de mon mandat », a confié à l’AFP le chef d’État de 65 ans. « Je ferai mon possible mais établir un calendrier contraignant est toujours contre-productif dans des négociations de ce genre ».

L’ELN et le gouvernement ont entamé des discussions secrètes en janvier 2014 afin de préparer l’ouverture de pourparlers officiels mais le processus bute sur la détention d’otages et de prisonniers dans les deux camps.

– Camouflet de Dylan –

Les Nobel de sciences, d’économie et surtout de littérature seront également remis samedi à Stockholm, en l’absence notable de Bob Dylan, qui s’est excusé en prétextant « d’autres engagements ».

L’absence du lauréat du prix de littérature a heurté en Suède, où elle a été perçue comme un camouflet à l’Académie de littérature et à la Fondation Nobel. 

« C’est impoli et arrogant », s’était emporté l’académicien Per Wästberg avant de se faire tancer par la secrétaire perpétuelle de la vénérable institution, Sara Danius. 

L’auteur-compositeur-interprète a envoyé un discours de remerciement qui sera lu samedi soir à l’issue du banquet Nobel sous les ors de l’Hôtel de Ville de Stockholm. 

En son absence, l’Américaine Patti Smith interprétera l’une de ses chansons, « A Hard Rain’s A-Gonna Fall », lors de la cérémonie.

Selon la Fondation Nobel, son prix devrait lui être remis en mains propres en 2017, en Suède où à l’étranger.

Le prix Nobel de la Paix Juan Manuel Santos pose avec sa médaille et son diplôme après la cérémonie à Oslo, le 10 décembre 2016. © AFP

© NTB Scanpix/AFP Lise Aserud
Le prix Nobel de la Paix Juan Manuel Santos pose avec sa médaille et son diplôme après la cérémonie à Oslo, le 10 décembre 2016

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