EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Se décoloniser … d’un système de pensée – Edito 31/05/2016

Entre Pepena qui avait lancé une campagne pour financer leur dernier clip d’un tube qui fait leur identité depuis des années « Faafa’ite » ; Teiva LC qui est porteur d’étendard de la future adaptation en comédie musicale basée sur les révoltés du Bounty et qui cherche aussi des sous sur la plateforme Indiegogo, c’est une nouvelle manière de faire la quête en gros, version numérique, à condition d’avoir la connexion qui marche.

Ils partent du principe qu’il y a suffisamment de ressources en Polynésie pour financer des projets. Etrangement c’est un peu le contraire dans d’autres sphères. On courtise à fond les chinois pour Mahana Beach et le projet aquacole de Hao, et maintenant certains font tout pour attirer les russes. En discutant avec un ami il était dépité de voir qu’on en est réduits à ne pas croire en nous, sur notre capacité à mener de front et financer de tels projets alors que plus de 500 milliards de francs pacifiques d’épargne dormiraient dans une des grandes banques locales.

A croire qu’à Tahiti on n’a pas confiance en soi. Qu’il faudrait en faire le moins possible, on adore les produits livrés clés en mains. On a toujours besoin des autres ailleurs, au lieu de miser d’abord sur nous, ici. Et même chez les indépendantistes c’est le même schéma puisqu’ils étaient presque les premiers à faire des courbettes aux chinois pour qu’ils investir chez nous.

On parle depuis hier de la volonté du gouvernement autonomiste d’aller porter une autre voix à l’ONU à propos de la décolonisation. Il y a cette volonté de certains donc de se défaire de ce qu’ils estiment le « joug » de la France. Mais si c’est pour que d’une manière déguisée on remplace une puissance par une autre, je préfère être français, qu’inféodé économiquement à un pays avec qui culturellement nous avons très peu d’attaches.

Par nature, cet ami se demandait si la meilleure décolonisation ne serait pas celle de l’esprit. Faire en tant que polynésien un travail sur soi en faisant des efforts pour se guérir d’un complexe d’infériorité qui prennent la posture des gens qui réclament et qui ont besoin. C’est un postulat intéressant, une chose sur laquelle il serait bon en effet de méditer.

En conclusion cela reviendrait à dire qu’il est temps de se sortir du carcan de la main tendue, et retrouver de l’audace. Au lieu de partir sur un projet pharaonique au Mahana Beach, en humanisant l’investissement, en travaillant sur des tranches à livrer petit à petit, thématisées, je fais partie de ceux qui croient qu’on n’aurait pas eu besoin d’un financement et d’une gestion 100% étrangère. Et d’ailleurs c’est peut-être cette volonté de confort ultime que l’on risque de payer, car selon certaines sources il y aurait des numéros en Chine, où on décrocherait moins souvent qu’avant quand on appelle de Tahiti… A croire qu’il y a des néo-colonisateurs qui seraient moins sérieux que d’autres.

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