EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Se protéger des astéroïdes, toujours pas prioritaire … – Edito 05/05/2021

Il y a quasiment 4 ans, à l’occasion de la sortie d’une nouvelle série télévisée au scénario apocalyptique mettant en scène des protagonistes devant à tout prix éviter la collision d’un astéroïde avec notre planète, je faisais un point sur les risques réels que nous encourions et les moyens que nous avions de nous en prémunir. Ils étaient alors inexistants et je concluais mon billet en vous disant qu’il serait donc peut-être temps de mettre à profit notre degrés d’évolution plus important que les dinosaures afin de ne pas risquer de périr comme eux.

Il n’est pas question de verser dans le catastrophisme et le spectaculaire juste pour jouer à se faire peur. Les risques sont bien réels. Si des organismes nationaux ont pour mission de chercher et tracer toutes les menaces de ce type susceptibles de nous mettre en danger, l’actualité illustre pourtant bien trop souvent des cas où des bolides sont repérés au tout dernier moment. Par chance ils n’étaient pas directement sur notre trajectoire.

Aussi, tous les deux ans, les agences spatiales se réunissent pour se coordonner et trouver des solutions en cas d’impact possible d’un astéroïde sur la Terre. Ils lancent des simulations sur la base d’un scénario, et le cru 2021 ne présage rien de bon. Les résultats sont tombés hier, le corps céleste virtuel « 2021 PDC » après une course de 6 mois dans l’espace, et bien qu’ayant été scruté et suivi au quotidien, a fini par s’écraser en Europe de l’Est, sans qu’aucune des technologies dont nous disposons à ce jour n’ait pu y remédier d’une quelconque manière. Même l’option d’utiliser l’arsenal nucléaire des pays qui en sont dotés n’y a rien changé : sur le papier c’est toujours plus simple que dans la pratique, y compris lorsque celle-ci est simulée.

Ce n’est cependant qu’une simple question de temps, sans qu’il ne soit possible d’estimer à quelle échéance, avant que l’humanité ne soit confrontée au péril que représente un objet géocroiseur qui nous foncerait dessus et qui serait suffisamment massif pour causer des dégâts d’envergure voire une annihilation de la vie sur Terre. A l’heure où une nouvelle course à l’espace – puérile à bien des égards – digne des heures les plus sombres de la Guerre Froide, anime les puissances spatiales, avec la Chine qui rentre dans la danse, il y a de quoi être dubitatif. Les dizaines de milliards de dollars que chaque pays dépense pour être le premier à établir des bases sur la Lune ou Mars est l’illustration d’un ordre des priorités que nous risquons un jour de tous payer. Il n’existe en effet aucun programme international officiel doté d’un budget pour plancher sérieusement sur la menace.

Et quand de toute façon on apprend qu’un élément de plus de 10 tonnes de la fusée chinoise tirée la semaine dernière allait retomber sur Terre autour du 10 mai, sans qu’il ne soit encore possible de savoir où exactement, force est de constater qu’on est déjà très doués tous seuls pour se faire tomber le Ciel sur la tête.

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