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Sea Shepherd s’oppose au projet de « hub de pêche » international

L’Ocean Warrior devra-t-il un jour se lancer à la poursuite des pêcheurs étrangers en Polynésie ? ©Sea Shepherd Tahiti/FB

Dans une lettre ouverte à Édouard Fritch, l’ONG Tia’imoana-Sea Shepherd Tahiti affirme son opposition au projet du Pays de faire de Papeete un hub où seraient attirés les armements étrangers de pêche. Et accuse le Pays de pratiquer un double langage, en prétendant d’une part vouloir préserver la ressource et l’environnement, et en envisageant d’autre part d’accueillir les pilleurs de poisson du Pacifique.

L’antenne polynésienne de la Sea Shepherd Conservation Society a adressé une lettre ouverte au président du Pays, avec copie au ministère de l’Économie bleue et au ministère de l’Environnement, pour protester contre le projet, révélé dans le dernier compte-rendu du conseil des ministres, de faire de Papeete un « hub de pêche » attirant pour les armements étrangers.

« Une activité vouée à la mort dans quelques années »

Sea Shepherd rappelle que « depuis 2011, la totalité des espèces de thons sont inscrites sur la liste rouge de l’IUCN (l’Union internationale pour la conservation de la nature) qui recense les espèces menacées d’extinction à travers le monde. (…) Sachez que durant ces cinquante dernières années, presque 80 % des thonidés, toutes espèces confondues, ont disparu des océans. » Le plan du Pays, estime l’ONG, va permettre aux pêcheries internationales « d’être présentes sur zone plus longtemps, plus souvent, et votre assistance aidera à diminuer les coûts d’exploitation de la ressource », précipitant un peu plus la disparition non seulement du thon, mais de toutes les espèces – et même des oiseaux de mer – que provoquent des filets pouvant faire plusieurs dizaines de kilomètres. Une activité « qui condamnerait les peuples du Pacifique à une dépendance alimentaire déjà trop importante. »

« On va favoriser l’approche de ces pêcheries internationales, on pense tous aux Asiatiques mais il n’est pas seulement question des Asiatiques, on a des senneurs américains et espagnols qui viennent déjà décharger leurs cargaisons (…). Ce projet va favoriser le pillage du Pacifique, qui est déjà bien avancé », dit Yves-Michel Denis, le coordinateur de Sea Shepherd Tahiti.

Yves-Michel Denis, qui se bat depuis plusieurs années contre les DCP dérivants, craint qu’un hub à Tahiti ne fasse empirer la situation en facilitant la tâche des pilleurs : « En disant à ces bateaux-là qu’ils peuvent venir relâcher chez nous, ces DCP, on va en voir encore plus, parce qu’ils seront capables de les larguer dans nos eaux en venant ici, et d’aller les récupérer à l’extérieur. »

Contradiction avec la culture du rahui

Un projet « en totale contradiction avec les ambitions de conservation des ressources marines mises en avant par le Pays », écrit Sea Sheperd Tahiti, citant l’Aire marine gérée « présentée jusqu’à l’ONU comme un modèle de gestion durable de l’océan » ou la réserve de biosphère de Fakarava : « Pourquoi tous ces efforts et ces signes en faveur du respect des écosystèmes marins si vous cherchez à être acteur du pillage de l’océan Pacifique exercé par les énormes flottilles de pêche en provenance d’Asie, d’Europe et d’Amérique ? »

Sea Shepherd Tahiti souligne aussi la « contradiction avec la culture polynésienne qui a toujours privilégié une pratique raisonnée de la pêche en instaurant des tabu de zone et de période de pêche. Pourquoi multiplier partout en Polynésie les “rahui”, véritables modèles de gestion durable des ressources hérités de nos ancêtres, si dans le même temps, vous souhaitez participer activement au déclin de la biodiversité de l’océan Pacifique ? »

Sea Shepherd envisage de lancer une pétition contre ce projet. Et rappelle les funestes exemples des îles Fidji ou de la Papouasie Nouvelle-Guinée, pillées puis abandonnées par les pêcheries chinoises : « Ils le regrettent peut-être maintenant, mais c’est un peu tard pour y penser. »

« Soyons le peuple qui aura choisi de se battre pour son océan plutôt que celui qui se sera fourvoyé pour le bien de quelques-uns. Monsieur le président, renoncez à ce projet destructeur », conclut Sea Shepherd Tahiti.

Lettre Ouverte_Non Hub Pech…

 

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1 Commentaire

  1. TEREGA FREDERIC
    13 avril 2021 à 8h06 — Répondre

    L’ONG Tia’imoana_Sea Shepherd a raison de bloquer cette proposition. Fritch et ses copains-requins autorisent les bateaux de pêche étrangers à venir voler nos ressources et violer notre patrimoine océan. Il y a surement de l’argent qui doivent circuler dans certains banques de la place ou ailleurs. Je suis contre de ce projet. C’est les paumotu qui doivent pêcher ainsi que les autres archipels. Ça donnera du travail aux Polynésiens.

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