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Sébastien Lecornu démissionne quelques heures après avoir nommé son gouvernement

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Vingt-huit jours après sa nomination, et 14 heures après l’annonce de la composition de son gouvernement, Sébastien Lecornu a présenté ce lundi matin sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a acceptée. Devenu le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République, l’ancien ministre des Outre-mer puis des Armées, a lié cet échec, dans une brève allocution, au « réveil de certains appétits partisans » et aux ambitions présidentielles qui interdisent les compromis. Les appels à la dissolution de l’assemblée ou à la démission d’Emmanuel Macron se multiplient dans l’opposition.

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Près d’un mois de suspens pour un gouvernement qui aura tenu moins de 14 heures. C’est le triste bilan de Sébastien Lecornu, devenu ce lundi le Premier ministre le plus éphémère de la cinquième République. L’ancien ministre des Outre-mer, qui a été en charge des Armées depuis 2022, sous les gouvernements Borne, Attal, Barnier et Bayrou, avait passé de longues semaines à consulter les chefs de partis et personnalités politiques, pour trouver un difficile équilibre gouvernemental dans ce contexte d’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Un temps qu’il avait aussi passé, comme il l’a rappelé dans une brève allocution prononcée sur le perron de l’hôtel de Matignon, quelques minutes après l’annonce de l’acceptation par Emmanuel Macron de sa démission, à discuter avec les partenaires sociaux. Des discussions autour d’une promesse – « refaire vivre le paritarisme et la démocratie sociale » – et qui se sont matérialisées ces derniers jours, par quelques annonces : des concessions aux syndicats sur l’épineux dossier des retraites, mais surtout la renonciation par son gouvernement à utiliser le 49-3, article de la constitution qui permet à l’exécutif de faire passer une loi sans vote à l’assemblée en y engageant sa responsabilité. Une « rupture » dont la portée, selon le Premier ministre démissionnaire n’a pas été suffisamment appréciée par la classe politique.

Pas de sortie de crise sans « l’effacement de certains ego »

Sébastien Lecornu a surtout pointé du doigt la responsabilité des partis politiques dans l’échec de sa formation de gouvernement. Quelques minutes après l’annonce de la composition de l’exécutif, le ministre de l’Intérieur et chef de file des Républicains Bruno Retailleau a critiqué publiquement un exécutif ne reflétant pas la « rupture promise ». Il est vrai que l’équipe comptait 12 ministres reconduits à leur poste, dont Bruno Retailleau lui même, mais aussi Gérald Darmanin, Elizabeth Borne… Ou Manuel Valls aux Outre-mer, dont le maintien avait été appelé de leurs vœux par Moetai Brotherson et d’autres élus ultramarins. Les crispations viennent aussi du retour de certains anciens ministres, dont Bruno Le Maire, à l’Économie de 2017 à 2024, accusé d’avoir laissé filer le déficit de l’État voire caché son ampleur, et recyclé aux Armées par Sébastien Lecornu. S’estimant floué, et craignant une censure immédiate de ce nouveau gouvernement, Bruno Retailleau, candidat potentiel à la Présidentielle de 2027, a réuni les cadres de son mouvement pour acter un départ du gouvernement, dont le Premier ministre a finalement annoncé la démission avant toute annonce du parti de droite.

Dans son allocution, Sébastien Lecornu a regretté que « les partis politiques continuent d’adopter une posture comme s’ils avaient tous la majorité absolue à l’Assemblée nationale, et demander l’application de l’intégralité de leur programme ». Il a surtout dénoncé le « réveil de certains appétits partisans » au cours de ses tractations, « parfois non sans lien avec l’échéance présidentielle ». Une référence aussi, peut-être, au refus de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, candidat déjà affirmé pour 2027, de rejoindre cet exécutif en tant que ministre des Armées. Le Premier ministre démissionnaire a pourtant assuré être optimiste pour l’avenir : « Il suffirait de peu pour que l’on puisse y arriver en étant plus désintéressés, pour beaucoup, en sachant aussi faire preuve d’humilité. Peut-être aussi un peu parfois d’effacement de certains ego. Je me suis employé, en tout cas je l’espère, à le faire ».

« Pas de stabilité sans retour aux urnes »

Les réactions ne se sont pas fait attendre dans l’opposition. Jordan Bardella, du RN a estimé sur BFP-TV qu’il « ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes et sans la dissolution de l’Assemblée nationale », Jean-Luc Mélenchon a appelé sur X à « l’examen immédiat de la motion déposée par 104 députés pour la destitution d’Emmanuel Macron », l’ancien Premier ministre François Bayrou, interrogé sur Ici Béarn Bigorre a rejeté la faute sur les « forces politiques qui refusent de voir la gravité de la situation » et qui sont « absolument divisées, divisées entre elles, parfois divisées en leur sein »… Dans le même temps, la Bourse de Paris a vu les cours des actions des grandes banques françaises détentrice d’obligations de l’État décrocher de plusieurs points, tandis que l’écart de taux entre les rendements des obligations françaises et allemandes a atteint un niveau record.