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Sécurité renforcée pour la rentrée des classes en France

Paris (AFP) – Douze millions d’élèves ont entamé jeudi une nouvelle année scolaire, sous surveillance renforcée face au risque d’attentats, dernière rentrée du quinquennat de François Hollande qui se fixe la réforme du lycée comme prochain objectif.

Évoquant les mesures de sécurité renforcées appliquées cette année, le chef de l’État, en visite à Orléans, a rappelé que « cette rentrée n'(était) pas comme les autres », alors que 3.000 réservistes de la gendarmerie ont été mobilisés jeudi.

La boule au ventre, les enfants sont beaucoup à l’avoir, mais ce n’est pas lié aux menaces d’attaques. « Je me sens mal… J’ai un peu peur. J’étais en primaire à Bègles, et on vient d’emménager à Bordeaux. Je ne connais personne ici (…), je suis stressé », explique Jessy, qui entre en 6ème au collège Alienor d’Aquitaine. Près de lui, Manele, 11 ans, se sent « bien »: « J’étais tellement excitée que je n’ai pas dormi de la nuit! »

A l’école d’Oran, dans un quartier populaire de l’Est parisien, Adrienne, qui accompagne sa fille Keziah au CP, confie que la petite « est un peu angoissée ». « Elle a peur de ne pas réussir, des rapports avec les très grands… Mais dès ce soir, elle sera très contente », dit-elle.

Comme chaque année, le président François Hollande s’est rendu dans une école et un collège, cette fois à Orléans, avec la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem. 

Le lycée, général et professionnel, « doit être maintenant la prochaine étape de nos réformes », a-t-il déclaré depuis cette ville où, candidat en campagne, il avait présenté en février 2012 les grands axes de son projet éducatif, qualifié de priorité de son mandat.

« Nous devons aussi faire en sorte de mieux assurer la transition entre le lycée et l’enseignement supérieur », a poursuivi le président, qui a longuement défendu son bilan en matière d’éducation. 

A huit mois de la présidentielle, cette rentrée se distingue par la mise en oeuvre de plusieurs réformes clé.

– Mesures particulièrement strictes à Nice –

Les élèves du CP à la troisième travailleront sur de nouveaux programmes, plutôt bien accueillis en dépit de quelques polémiques. La réforme du collège en revanche, qui modifie en profondeur le métier des professeurs, a suscité un débat virulent. Les syndicats qui y sont opposés ont appelé à une grève pour le 8 septembre.

A Nice, lieu de l’attaque du 14 juillet qui a fait 86 morts sur la Promenade des Anglais, les autorités locales ont pris des mesures particulièrement strictes. Et les parents ne peuvent pas accompagner leurs enfants dans les classes de maternelle, comme c’est la tradition. 

« Le plan Vigipirate nous empêche d’entrer dans l’école. Mais quand on nous fait rentrer en classe, il y a moins de parents agglomérés au portail. Là, si une personne se met avec une bombe, ça fait boum et c’est tout le monde qui est tué », réagissait Lucia.

Christophe, 37 ans, regrette de ne pas savoir « qui est la maîtresse de (son) fils ». Mais « ça me plaît qu’il y ait des policiers. Il y en a pour les écoles juives (des militaires de l’opération Sentinelle, ndlr) et il doit y en avoir partout, devant les écoles laïques et catholiques ».

« Je sais que nous, à Bordeaux, on a de la chance de pouvoir entrer dans l’école. Ce n’est pas le cas partout », souligne Damien, qui accompagne son fils Nolann à la maternelle Fieffé. « Ce serait une grosse perte de ne plus pouvoir entrer ». 

Dans un autre quartier, devant l’établissement Jules Ferry, un père d’élève, Benoît, lève les yeux au ciel: « Franchement, je ne vois pas trop ce qu’on peut faire pour empêcher ça (une attaque: ndlr), sauf à transformer les écoles en camps militaires… ».

Pour la première fois avant une rentrée scolaire, les ministres de l’Intérieur et de l’Éducation nationale avaient tenu fin août une conférence conjointe pour détailler une série de mesures visant à renforcer la sécurité des écoles.

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a évoqué mercredi « un niveau de menaces extrêmement élevé », qui appelle « une vigilance totale et extrême ».

Rentrée scolaire dans une école primaire le 1er septembre 2016 à La Jarne près de La Rochelle. © AFP

© AFP XAVIER LEOTY
Rentrée scolaire dans une école primaire le 1er septembre 2016 à La Jarne près de La Rochelle

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