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Séisme en Italie: 241 morts, les questions fusent

Amatrice (Italie) (AFP) – L’Italie s’interrogeait jeudi sur les raisons d’un bilan de 241 morts, au lendemain du séisme meurtrier qui a réduit à l’état de ruines plusieurs villages dans le centre du pays.

La protection civile a ramené à 241, contre 247 précédemment, le bilan des victimes, prévenant toutefois qu’il pouvait encore s’aggraver.

La responsable du département des situations d’urgence de la protection civile italienne, Immacolata Postiglione a indiqué jeudi en fin de matinée qu’il y avait désormais quelque 270 blessés hospitalisés.

Des centaines de rescapés ont passé leur première nuit dehors, qui dans une tente érigée à la hâte par la protection civile, qui préférant sa voiture quand il a la chance d’en avoir encore une. « Nous sommes encore sous le choc. Nous avons dormi dans la voiture cette nuit, bien qu’avec toutes les secousses, c’était difficile de dormir », a raconté à l’AFP Mario, père de deux petits garçons.

Des dizaines de répliques ont été ressenties dans la nuit et jeudi matin, dont une forte secousse vers 14H30 (12H30 GMT), réveillant la peur pour les survivants et l’angoisse des secouristes, contraints de s’interrompre par exemple à Amatrice lorsqu’un pan de mur s’est écroulé à côté d’eux.

La protection civile n’a en revanche toujours pas donné d’indication sur le nombre de disparus. Des chiffres allant de moins de 50 à plusieurs centaines ont circulé toute la journée mercredi, et il restait difficile jeudi d’avoir une évaluation précise. L’hôtel Roma complètement détruit à Amatrice, l’un des villages les plus touchés, a fait craindre le pire. 

Le propriétaire de cet hôtel a assuré aux secouristes que nombre de ses clients, un peu plus d’une trentaine, étaient parvenus à se mettre à l’abri au début du tremblement de terre.

La population de ces villages pittoresques et touristiques triplent ou quadruplent l’été, rendant difficile l’évaluation du nombre de personnes présentes sur les lieux au moment du drame. 

Le maire d’Arquata del Tronto, Aleandro Petrucci, a d’ailleurs lancé un appel à tous les rescapés ayant quitté son village, l’un des plus touchés, afin de faciliter un décompte des éventuels disparus.

Des milliers de bénévoles et professionnels continuaient jeudi à chercher sous les décombres une trace de vie aussi minime soit elle, après une nuit apparemment pour rien. Mme Postiglione n’a en effet pas fait mention jeudi d’éventuels survivants retrouvés pendant la nuit. Mais, a souligné de son côté un responsable des pompiers, le dernier survivant du tremblement de terre de L’Aquila en 2009 a été sauvé 72 heures après la catastrophe.

– Sans une égratignure –

Mercredi, après plus de quinze heures de travail acharné, les pompiers italiens avaient extraite vivante une fillette d’une dizaine d’années. La petite Georgia, sans une égratignure mais couverte de poussière, est restée impassible dans les bras de son sauveteur qui l’emportait au loin sous les vivats de la foule.

Jeudi, l’Italie a commencé à se mobiliser, multipliant les initiatives, privées ou publiques pour venir en aide aux centaines de gens ayant perdu leur toit et parfois tout leurs biens.

Plus de 24 heures après le drame, des questions se posent aussi sur le pourquoi d’un bilan aussi lourd dans une zone relativement peu peuplée et composée uniquement de villages.

Un examen d’éventuels dommages au patrimoine artistique et culturel va également être entrepris, a annoncé le ministère de la Culture.

Le tremblement de terre à L’Aquila, non loin de la zone du séisme de mercredi, avait fait plus de 300 morts. Mais il s’agissait alors d’une ville de plusieurs dizaines de milliers d’habitants.

Le président du Conseil italien Matteo Renzi, interrogé mercredi sur ce point, a évoqué une caractéristique de très nombreux villages et bourgs italiens: l’existence de centres historiques datant de plusieurs siècles, « très beaux, mais qui risquent beaucoup plus ».

Reste l’exemple, incompréhensible pour certains, scandaleux pour les autres, de l’école d’Amatrice, rénovée en 2012 pour l’adapter aux normes anti-sismiques et réduite à l’état de décombres mercredi. Une enquête a d’ailleurs été ouverte par le procureur de Rieti, ville proche du lieu du séisme, pour évaluer d’éventuelles malversations à Amatrice et dans les villages concernés.

Les recherches dans les décombres se poursuivent à Amatrice, dans le centre de l'Italie, le 25 août 2016 au lendemain d'un séisme meurtrier. © AFP

© AFP FILIPPO MONTEFORTE
Les recherches dans les décombres se poursuivent à Amatrice, dans le centre de l’Italie, le 25 août 2016 au lendemain d’un séisme meurtrier

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