EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

S’en remettrait-on trop aux machines ? – Edito 12/02/2020

Le degré de confiance que nous accordons à l’informatique dans de très nombreux aspects de notre quotidien est-il pertinent ? Bon, ne nous mettons pas dans la peau d’un vieux grincheux, il serait difficile de ne pas convenir que les progrès techniques ont rendu bien plus simples de très nombreuses tâches ingrates.

Par exemple grâce à la domotique bon marché, avoir le luxe de pouvoir rester avachi dans le canapé car votre derrière vous pèse comme jamais et de n’avoir qu’à dire « Ok Google, allume le ventilateur » pour remédier à votre bouffée de chaleur soudaine, ça n’a pas de prix n’est-ce pas ? Ou encore en pleine nuit pour mieux trouver le chemin vers le petit coin tout en évitant de vous éclater un orteil sur le pied d’un meuble, pouvoir dire « Alexa allume la lampe de chevet » c’est salvateur. Rendez-vous compte : en ne tendant pas à peine le bras vous évitez de prendre le risque de faire tomber sur le carrelage votre téléphone, votre montre, vos lunettes et le verre d’eau, tout en même temps. Magique.

Oui le côté exponentiel du progrès est allé de pair avec l’augmentation de la paresse de notre espèce. Alors autant ce n’est pas bien grave si jamais votre assistant électronique n’a pas compris votre prononciation de la langue de Shakespeare et qu’il lance à fond la lecture de « It’s Raining Men »  des Weather Girls au lieu de vous donner la météo du jour – oui, ça peut surprendre, surtout les voisins à 5h30 du mat – mais pour d’autres applications cela peut être nettement moins marrant.

Quand les photos et vidéos que vous pensez sécuriser en les téléchargeant dans le cloud atterrissent chez d’autres utilisateurs à l’image de ce que Google vient d’avouer ces jours-ci ; que le flux de vos caméras de surveillance Xiaomi est en fait retransmis à d’autres détenteurs de périphériques de la même marque ; ou que votre antivirus gratuit Avast a en fait espionné tous vos faits et gestes sur votre ordinateur pour en vendre le condensé à des sociétés tierces comme on vient de l’apprendre, ce ne sont que quelques exemples qui peuvent à juste titre vous mettre le doute. C’est certes sensible, et encore là il n’y a pas mort d’hommes mais que dire des logiciels de Boeing qui se mettent à bugger et font plonger dans le décor des 737 Max remplis de centaines de passagers ? Ou encore la fonction expérimentale de pilotage automatique de voitures autonomes qui choisit délibérément d’écraser un piéton plutôt que de risquer de mettre en danger ses passagers ? …

Bref vous voyez où je veux en venir, tenter de se faciliter la vie grâce aux machines c’est légitime, mais il est peut-être encore un peu tôt pour leur déléguer à 100% la responsabilité de la gérer à notre place partout où nous serions encore bien avisés d’avoir notre mot à dire …

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Journal de 7:30, le 12/02/2020

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