EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Si le nomadisme politique m’était conté – Edito 25/08/2015

Quand à midi hier je réalisais le journal de Radio 1 que présentait mon camarade Antoine Samoyeau, j’ai été particulièrement sensible aux propos de son invité le politologue Semir Al Wardi.

Ce qui ressort de cet entretien ? Cette citation choc qui illustre l’article connexe sur notre site web radio1.pf où vous pourrez écouter les propos de l’expert, je cite « on assiste au retour du nomadisme politique ».

Et me voilà à laisser instantanément libre cours à mon imagination négligeant les boutons sur lesquels j’étais susceptible de devoir appuyer d’un instant à l’autre pour enchaîner les séquences du journal.

(SUR FOND MUSICAL ORIENTAL)

Je me faisais l’image mentale de conseillers de l’assemblée de la Polynésie, montant des chameaux, affublés de Djellabas et de foulards, en plein désert, deux oasis en ligne de mire, une à l’est, une à l’ouest. Une tribu pas particulièrement soudée s’interrogeant sur quel chef rejoindre. Chez lequel l’herbe sera la plus verte ? Où le couscous sera-t-il le plus riche ? Où va-t-on pouvoir faire du gras le plus paisiblement ?

Ce que Semir ne vous a pas dit hier midi, soit parce qu’il n’en a pas eu le temps, soit parce qu’il ne voulait pas « trop » charger la mule, c’est que cette pratique du « nomadisme politique », ce jeu d’alliances opportunistes en cours de mandat, c’est une pratique que l’on retrouve dans les pays appelés hypocritement « en voie de développement », en réalité, les plus sous développés d’entre eux. Dans les républiques bananière qui se font et se défont à coups de putschs militaires et autres régicides.

On comprend que Fritch ait besoin d’une majorité en vue du vote du futur budget, mais on le sent aussi à marcher sur des oeufs, à devoir composer avec les égos pour ni plus ni moins « acheter » le ralliement à sa tribu. Si tout ça encore était fait dans le sérail sans débordement, soit, on a l’habitude même si on aurait préféré que celles-ci évoluent. Mais là, le dernier rallié, en dehors de toute conscience politique, au mépris du bon sens moral républicain, par un effet d’annonces à des confrères, a confirmé qu’il avait négocié un portefeuille ministériel en échange de son ralliement. Il ne fait alors aucun doute, que son chameau aura en effet de quoi brouter encore plus, et pas que lui.

Car le nomadisme, quand j’en lis la définition, c’est tout à fait ça en fait, c’est la quête de denrées qui motive les déplacements des hommes, une économie de cueillette et de chasse. Vous voyez l’image ?… Alors vous vous dîtes « pffff, tous les mêmes », je ne sais pas, mais j’estime par contre que le passé devrait davantage rester dans les mémoires afin de ne pas risquer de se perdre dans un nouveau désert démocratique.

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