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SNCF: ultimes négociations au 6ème jour de grève

Paris (AFP) – La fronde sociale entre dans une semaine décisive, alors que direction et syndicats de la SNCF ont entamé lundi d’ultimes négociations sur le temps de travail, au sixième jour d’une grève que l’exécutif souhaite voir prendre fin avant le coup d’envoi de l’Euro de football.

Pour la sixième journée consécutive, mais la treizième fois depuis début mars, les usagers devaient s’armer de patience et/ou modifier leur itinéraire: le trafic devait rester très perturbé, notamment sur les Intercités (un sur trois prévu) et les Transiliens (un sur deux), ces derniers étant touchés aussi par les crues. Côté TGV et TER, six trains sur dix devaient circuler en moyenne. 

La SNCF évalue à « plus de 20 millions d’euros par jour » le coût de cette grève pour le trafic voyageurs et fret. D’après la direction, elle n’était plus suivie lundi matin que par 8,5% des personnels, tous métiers confondus, contre 10,5% vendredi. Mais ce chiffre ne reflète pas la mobilisation des conducteurs, beaucoup plus forte, selon les syndicats.

Portée par la CGT-Cheminots et SUD-Rail, qui revendiquent aussi le retrait de la loi travail, la grève des cheminots entretient la menace de perturbations pendant l’Euro, alors que les opposants au projet de loi n’ont pas dit leur dernier mot et entendent croiser le fer jusqu’au 14 juin, journée de manifestation nationale à Paris. 

Lundi matin, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a été bousculé à Montreuil et a essuyé des jets d’oeufs de la part d’opposants à la loi travail. Il a dénoncé des « comportements inacceptables » de la part d' »agitateurs professionnels ».

Salariés des centres de déchets, du secteur de l’énergie, des raffineries ou de la RATP sont encore mobilisés cette semaine pour dire « non » au texte de la ministre du Travail Myriam El Khomri. Et à Air France, pour des revendications propres, les pilotes sont aussi déterminés à faire entendre leur voix, avec un préavis de grève du 11 au 14 juin.

« Je souhaite que (le conflit social) soit réglé », a déclaré le président de la République dimanche en évoquant les grèves à la SNCF ou à Air France, estimant que « personne ne comprendrait que les trains ou les avions (…) puissent empêcher le bon déroulement (…) du déplacement des spectateurs ».

– ‘Solidarité’ face aux intempéries –

« On veut que ça monte encore », a répliqué lundi matin Eric Santinelli, porte-parole de SUD, depuis Marseille où des militants du syndicat ont organisé un barrage filtrant à l’entrée du siège régional de la SNCF.

A Paris, CGT-cheminots (première force) et SUD-rail (troisième) ont appelé à manifester à la mi-journée sous les fenêtres des négociateurs, réunis depuis 9h30 dans des locaux du groupe dans le 14e arrondissement à Paris.

Ils veulent obtenir satisfaction à deux niveaux: l’accord d’entreprise discuté lundi mais aussi la première convention collective commune au secteur du rail, pour laquelle ils veulent rouvrir les discussions, alors qu’un texte est soumis à signature jusqu’à mercredi soir.

Pour les deux syndicats, faute d’une convention suffisamment ambitieuse, les cheminots de la SNCF risquent d’être exposés au « dumping social ». 

Après une reprise en main du dossier par l’exécutif, qui a forcé le président de la SNCF Guillaume Pepy à conforter l’essentiel du régime de travail actuel des agents SNCF et renoncer à d’importants gains de productivité, la CFDT (quatrième syndicat) a retiré il y a une semaine son préavis et l’Unsa (deuxième) est sortie du mouvement jeudi.

L’issue du conflit repose désormais essentiellement sur la CGT-Cheminots, qui si elle exerce son droit d’opposition avec SUD (et FO au niveau de la branche), est en mesure de faire retoquer les projets d’accord, à la SNCF comme dans la branche.

Le gouvernement a invoqué, comme Guillaume Pepy, la « solidarité » face aux intempéries pour demander l’arrêt de cette grève « incompréhensible ».

Valérie Pécresse (Les Républicains), présidente de la Région Ile-de-France, a dénoncé lundi « un manque de solidarité tout-à-fait condamnable et irresponsable ».

Dans la population, le soutien aux mouvements sociaux contre la loi travail semble s’essouffler, selon un sondage BVA. Une majorité (54%) de Français les désapprouve désormais, une tendance qui s’est inversée en trois semaines.

Un voyageur et un agent SNCF le 1er juin 2016 gare de Lyon à Paris. © AFP

© AFP/Archives KENZO TRIBOUILLARD
Un voyageur et un agent SNCF le 1er juin 2016 gare de Lyon à Paris

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