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SNCF: un accord sur le temps de travail finalisé à trois jours de l'Euro

Paris (AFP) – A trois jours du début de l’Euro de football, un projet d’accord sur le temps de travail à la SNCF a été ficelé tôt mardi matin, laissant espérer une sortie de grève après trois mois de fronde sociale.

Le chef de l’État, en visite mardi dans le Pas-de-Calais, a déclaré à la Voix du Nord: « Il y a un moment où, selon une formule célèbre, il faut savoir arrêter une grève ».

Certes mais « il faut savoir arrêter une grève… quand on a obtenu satisfaction », a rétorqué la CGT dans un communiqué, reprenant en entier la célèbre phrase du communiste Maurice Thorez.

En visite près d’Arras, François Hollande a ensuite ironisé sur les « esprits tourmentés ou inquiets », estimant qu’il faisait ce qu’il pouvait pour essayer de « les apaiser ».

De son côté, le Premier ministre, Manuel Valls, a appelé les syndicats de la SNCF à signer « un bon accord pour l’entreprise et pour la branche », jugeant réunies « toutes les raisons pour que cesse ce mouvement de grève qui est incompréhensible ».

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a, lui aussi, demandé aux grévistes de ne pas « mettre des bâtons dans les roues » de l’activité économique du pays, tout en estimant que les effets du mouvement social resteraient « extrêmement sectoriels ».

La présidente du Front National, Marine Le Pen, a quant à elle mis en garde contre « un démembrement du service public du rail » en accusant l’Union Européenne d’imposer la « libéralisation forcée » du secteur.

– L’heure du choix pour les syndicats –

La CFDT-Cheminots a annoncé sans surprise qu’elle signerait le projet d’accord sur l’organisation du travail à la SNCF, ainsi que la convention collective du secteur ferroviaire.

L’Unsa-ferroviaire (2e syndicat), qui avait salué des « avancées » ces derniers jours, se prononcera mercredi.

Sud-rail (3e syndicat) a en revanche exprimé de vives critiques à l’endroit du projet d’accord, et appelé à la poursuite de la grève.

La validation de l’accord d’entreprise repose principalement sur les épaules de la CGT-Cheminots, première force syndicale à la SNCF. Elle peut soit l’accepter, soit s’associer à Sud pour bloquer son application.

L’ultime réunion de négociation aura duré 19 heures. Le projet est ouvert à la signature jusqu’au 14 juin. Il consacre globalement le maintien des règles internes actuelles (RTT, repos), voire les améliore (travail de nuit). Il prévoit aussi la possibilité, pour les seuls syndicats signataires, de négocier des accords dérogatoires pour répondre à des spécificités locales ou sectorielles.

Le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, avait dû renoncer, sous la pression du gouvernement, à assouplir la réglementation et à des dizaines de millions d’euros d’économies potentielles. 

Il a estimé que la négociation avait abouti à « un point d’équilibre » et qu’il n’y avait « plus aucune raison » de poursuivre la grève, souhaitant qu’elle cesse dans la journée pour « un retour à la normale dès demain » mercredi. 

Le trafic restait perturbé mardi avec en moyenne quatre Intercités sur dix, un Transilien et RER sur deux, deux TGV sur trois et six TER sur dix, selon les prévisions de la SNCF, qui évaluait à 8,5% le nombre de grévistes tous métiers confondus (il dépasse les 50% chez les contrôleurs).

Au niveau de la branche, les syndicats ont jusqu’à mercredi soir pour signer le projet d’accord sur une première convention collective commune aux salariés du rail, privé ou public, en vue de l’ouverture élargie à la concurrence. A ce niveau aussi, la CGT et Sud sont en mesure, avec FO, de s’opposer au texte.

Une autre grève dans les transports se profile toutefois. Les pilotes d’Air France ont déposé des préavis à partir de samedi matin, et jusqu’au mardi, pour des motifs liés aux efforts de productivité demandés par la compagnie. Une nouvelle rencontre syndicats/direction est prévue mardi après-midi.

Les opposants au projet de loi travail appellent toujours à « renforcer la mobilisation » avec, en ligne de mire, la manifestation nationale du 14 juin à Paris. Des centaines d’entre eux bloquaient ainsi la zone industrielle du Havre mardi tandis que d’autres empêchaient l’accès au terminal 2F de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. 

Manifestation de cheminots le 6 juin 2016 à Paris. © AFP

© AFP BERTRAND GUAY
Manifestation de cheminots le 6 juin 2016 à Paris

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