EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Sommes-nous plus dangereux que le coronavirus pour nous-mêmes ? – Edito 26/02/2020

Selon l’OMS le risque de pandémie globale du Covid19 grandit de plus en plus. Hier un professeur de Harvard annonçait le résultat d’une étude : jusqu’à 70% de l’humanité pourrait être touchée. En parallèle, plusieurs pistes réjouissantes se faisaient jour aussi. La première, un vaccin est bien en cours de développement et pourrait sortir en moins d’un an. La deuxième c’est que la molécule qui sert normalement à combattre la Malaria, la chloroquine, s’avèrerait efficace dans des tests en éprouvette contre ce coronavirus. La troisième : une majorité de porteurs de ce dernier ne développeraient en fait pas de symptômes. Je sais, on se rassure comme on peut, mais en attendant nous serions bien avisés de garder espoir et jouer la prudence plutôt que de céder à la panique.

A ce propos, j’en vois certains qui commencent à faire du business en profitant des peurs des autres. C’est vieux comme le monde manifestement, difficile de blâmer des commerçants qui trouvent ici l’opportunité de développer leur chiffre d’affaire, toutefois le contexte contribue à développer des comportements irrationnels. Proposer à la vente des masques respiratoires dans le climat actuel n’aide pas à calmer les esprits, au contraire. L’humain a bien plus de facilité à abandonner sa raison quand il s’imagine que sa survie est en péril, plutôt que de prendre de la hauteur et tester l’empathie et l’entraide. Le « chacun pour soi » peut faire des ravages, souvenez-vous il y a a quelques semaines quand je vous disais que nous n’étions pas à l’abri d’un ensauvagement des populations.

D’ailleurs je n’ai pas encore fini de vous parler aujourd’hui que certains sont déjà en train de chercher sur Google s’il est possible de commander et de se faire livrer de la chloroquine à Tahiti, très mauvais plan qui pourrait vous coûter cher. D’autres ont déjà l’idée d’appeler des pharmacies pour savoir si elles ont du stock. D’autres encore qui ont des potes médecins sont prêts à dégainer leur téléphone pour les appeler et s’en faire prescrire de manière préventive. C’est statistique, c’est sûr que c’est déjà en train de se produire, reste à savoir dans quelle proportion. Cela serait un bon indicateur pour la mesure d’une autre épidémie : l’hypocondrie ou l’augmentation exponentielle de la déraison dans laquelle nous nous enfonçons doucement mais sûrement parce que nous avons peur de la maladie.

Au chapitre des bonnes nouvelles une dernière info a retenu mon attention hier :  pour la première fois, une intelligence artificielle développée par des chercheurs du célèbre MIT aux USA a découvert trois nouveaux antibiotiques jusque-là inconnus. Comme quoi, finalement, heureusement que les machines elles ne ressentent pas d’humeurs qui soient susceptibles de les mettre elles-mêmes en danger. Pourvu qu’elles ne nous voient jamais comme le plus dangereux des virus à éradiquer. « Hasta la vista baby ».

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