EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

SOS Jeunesse Polynésienne en quête de sens – Edito 25/02/2021

Avant que la frénésie du courtage amateur en bourse ne touche la jeunesse polynésienne – c’était principalement le cas il a un an puis au plus fort du confinement – une autre activité commerciale tendait à se populariser. On l’appelle le « dropshipping ». Il s’agit d’ouvrir une boutique en ligne, sans avoir besoin de faire du stock, puisqu’en fait on intervient en tant qu’intermédiaire en marque blanche pour de plus grandes plateformes commerciales, dont majoritairement le concurrent chinois d’Amazon, Aliexpress. Les clients passent commande d’un produit sur notre site, pour lequel on fixe nous-même le prix en choisissant notre propre marge, puis on commande ce produit à notre tour chez le mastodonte du e-commerce qui se charge de le livrer directement au client final sans apposer aucunement sa propre signalétique.

Malheureusement quand les polynésiens s’y sont intéressés c’était déjà quasiment trop tard pour sortir son épingle du jeu. La concurrence était rude et aucun entrepreneur local n’avait pensé pour se démarquer à travailler son marketing pour ancrer l’identité polynésienne sur son site et mettre en confiance. En outre, ce qui a aussi été totalement sous-estimé, c’était l’énorme investissement à consentir en termes de publicité ciblée sur les réseaux sociaux. Les marges se réduisaient ainsi à peau de chagrin, notamment quand il était question de rajouter à l’addition finale les frais de port jusque dans nos îles.

C’est le glas qui est finalement en train d’être sonné pour tous ceux qui y croyaient encore et qui s’en sortaient un tout petit mieux que la moyenne. Avec des retards de livraison de plus de 6 mois en moyenne en 2020 pour tout ce qui était expédié d’Asie, l’arrêt de liaisons aériennes majeures en ce début 2021 et la pénurie de place qui en découle pour le fret, décourage dorénavant les plus téméraires aficionados de l’achat en ligne.

Le manque de perspectives pour la jeunesse de notre Pays est  de plus en plus dangereusement palpable au quotidien. Comment leur jeter la pierre de vouloir tenter en dépit du bon sens et des mises en garde de se lancer dans des business trop beaux pour être vrais ? Et je ne parle même pas des trafics en tous genres dans lesquels certains tombent en désespoir de cause …

Avec cette crise, s’il faut saluer d’un côté l’effort de l’exécutif local et de l’Etat pour soutenir financièrement, du mieux qu’ils le peuvent disent-ils, les entreprises et travailleurs en péril, d’un autre on regrette que la dimension morale et psychologique soit prise nettement moins à bras le corps. Surtout vis-à-vis des jeunes générations. Les faire taper dans un punchingball au lieu qu’ils se battent n’est pas vain, mais c’est un peu un pansement sur une jambe de bois. Le chantier est colossal, les enjeux capitaux pour ceux qui sont censés porter la Polynésie de demain, peut-être est-il temps d’en faire la priorité numéro un.

Article précedent

La revue de presque de Nicolas Canteloup d'Europe 1 - L'intégrale du 25/02/2021

Article suivant

Hotu Ā Mag | Sélection U17 Féminine

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

SOS Jeunesse Polynésienne en quête de sens – Edito 25/02/2021